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N°42-Spécial
Gouvernance locale et fragilité des populations
Résumé
Malgré les dispositifs mis en place pour encadrer et accompagner la décentralisation au Burkina Faso, la gouvernance locale s’est heurtée à des dérives qui sont aujourd’hui des sources de crises multiples et multiformes ayant abouti au terrorisme et à une insécurité sans pareil. L’acuité des crises qui secouent le pays nécessite que des efforts soient faits pour mieux comprendre les malaises générés et dégager des perspectives. Ainsi, en ouvrant une réflexion sur la thématique de « Gouvernance locale et fragilité des populations », l’objectif recherché est de pénétrer l’âme des citoyens à la base, afin de cerner les souffrances qu’ils ont pu endurer au point de continuer à en subir davantage encore. La méthodologie de travail a concerné une revue de littérature, une collecte de données qualitatives sur le terrain et l’observation participante. La collecte de données a porté sur une appréhension des aspects ci-après de la gouvernance locale : le leadership, la gestion administrative, la gestion fiscale, la fourniture des services publics, la participation civique, l’environnement sécuritaire, la justice et la règle de droit et les fondements économiques. Ces domaines de préoccupations constituent les huit dimensions de la gouvernance. Les résultats des recherches sur le terrain ont montré que la gouvernance locale était entachée de maux tels que le népotisme, la corruption, le favoritisme, l’abus de pouvoir, l’incompétence, l’inconscience professionnelle, l’exclusion, la discrimination, la partialité dans l’accueil et le traitement des dossiers des usagers, une justice au services des nantis, les injustices, l’absence de planification des priorités, en dépit d’un engagement citoyen patent pour accompagner les autorités locales qui préfèrent les diviser que de les rassembler . Face à ces dérives de gouvernance, la solution serait d’outiller les populations en les aidant à se doter de structures de contre-pouvoir , afin qu’elles soient capables d’assurer le suivi et le contrôle du respect des normes, des procédures définies par les textes en vigueur au Burkina Faso. Il s’agira de faire du citoyen, un acteur actif et non plus passif, qui subit dans l’exagération avant de choisir la révolte pour se faire entendre ou la radicalisation et l’extrémisme violent comme un mode alternatif de lutte contre les injustices.
Abstract
Despite the mechanisms put in place to supervise and support decentralization in Burkina Faso, local governance has come up against abuses that are now sources of multiple and multifaceted crises that have led to terrorism and unparalleled insecurity. The acuteness of the crises that are shaking the country requires that efforts be made to better understand the malaise generated and to identify perspectives. Thus, by opening a reflection on the theme of "Local governance and the fragility of populations", the objective is to penetrate the soul of citizens at the grassroots, in order to identify the suffering they may have endured to the point of continuing to suffer even more. The working methodology involved a literature review, a field qualitative data collect and participant observation. The data collect focused on an understanding of the following aspects of local governance: leadership, administrative management, fiscal management, public service delivery, civic participation, the security environment, justice and the rule of law, and economic foundations. These areas of concern constitute the eight dimensions of governance. The results of field research have shown that local governance is marred by evils such as nepotism, corruption, favouritism, abuse of power, incompetence, lack of professional conscience, exclusion, discrimination, bias in the reception and processing of users' files, justice at the service of the wealthy, injustices, lack of priority planning, despite an obvious civic commitment to support the local authorities who prefer to divide them rather than bring them together. Faced with these abuses of governance, the solution would be to equip the populations by helping them to equip themselves with counter-power structures, so that they are able to monitor and control compliance with the standards and procedures defined by the texts in force in Burkina Faso. It will be a question of making the citizen, an active actor and no longer a passive one, who suffers in exaggeration before choosing revolt to make himself heard or radicalization and violent extremism as an alternative mode of fighting injustice.
Texte intégral
pp. 401-422
Introduction
1La gouvernance est un concept polysémique, qui renvoie aux connotations ci-après : la manière de gérer, d’administrer (LE PETIT LAROUSSE, 2010 : 475) ; un processus de coordination d’acteurs, de groupes sociaux, d’institutions (au-delà et en deçà du gouvernement) pour atteindre des buts propres discutés et définis collectivement dans des environnements fragmentés, voire incertains (BOUDON Raymond & alli, 1999 : 108) ; l’ensemble des institutions, de réseaux, de directives, de règlementations, de normes, d’usages politiques et sociaux, d’acteurs publics et privés qui contribuent à la stabilité d’une société et d’un régime politique, à son orientation, à la capacité de diriger, à la capacité de fournir des services et à assumer sa légitimité (BOUDON Raymond & alli, 1999 : 108). Il s’agit là d’un concept qui intègre les secteurs de l’État, du privé et de la société civile à travers la manière dont les acteurs y compris le gouvernement, remplissent leurs rôles respectifs avec efficacité ou pas. Ce qui indexe la qualité et la nature des services fournis par les travailleurs aux citoyens. Quant à la notion de fragilité, elle s’utilise pour caractériser ce qui est fragile, précaire, vulnérable et instable. La fragilité se rapporte à une personne qui manque de résistance morale et psychique. De ce fait, la fragilité se mesure par rapport à la résilience, qui peut se définir comme l’aptitude d’un individu à se construire et à vivre de manière satisfaisante en dépit des circonstances traumatiques (LE PETIT LAROUSSE, 2010 : 882). C’est un terme qui rappelle « la capacité des différents groupes au sein d'une communauté de se regrouper et de résoudre des problèmes communs » (Creative : 6). La résilience pourrait également s’appréhender sous l’angle de la capacité à faire face aux adversités de la vie, transformer la douleur en force motrice pour se surpasser et en sortir fortifier. Une personne résiliente, comprend qu’elle est l’architecte de sa vie et de son propre destin (https://pin.it/5H5k0Aw ). Ainsi, la problématique qui se pose concerne les dérives de gouvernance en contexte de décentralisation. Cette option politique donne une certaine autonomie aux populations à la base pour choisir leurs dirigeants, le type de développement qui leur convient pour conduire le destin politique, économique, social et culturel de leurs territoires suivant des visions et des orientations dont elles auraient convenu. Malgré le dispositif de suivi de mise en œuvre de la décentralisation, force est de constater comment les populations étaient mal gérées à la base. La mauvaise gestion de la chose locale a conduit à des crises de toutes natures que celles qui traversent le Burkina Faso depuis un certain temps. En d’autres termes, l’insécurité qui secoue le pays aujourd’hui, tire ses fondements d’un malaise lointain lié à la mauvaise gouvernance des populations au niveau local. Les conséquences de cette mauvaise gestion des populations à la base n’a fait que les exposer à la fragilité. La notion de fragilité renvoie à la faiblesse et à la vulnérabilité. Elle indique le caractère précaire et instable de quelque chose (LE PETIT LAROUSSE, 2010 : 437). La vulnérabilité des populations se manifeste par la montée de l’insécurité, les limitations d’accès dans les zones touchées à cause des opérations militaires, les menaces directes des groupes armés, la pauvreté, l’insécurité alimentaire chronique, la criminalité organisée qui transforme les frontières en zone de toutes les sortes de trafics, les déplacements massifs de populations (MENAPLAN, 2019 : 7).
2Sous l’effet des frappes et attaques terroristes, les populations sont très fragilisées par les conséquences de ces actes de violences : morts, blessés, dégâts matériels, déplacements de populations, etc. Les violences ne cessent de s’amplifier, sur fond de crise de la gouvernance des zones rurales. Car, les groupes d’autodéfense villageois créés dès 2014 pour restaurer la sécurité ont aggravé les violences locales à base communautaire, notamment depuis 2019 au Kuilsé et dans le Soum. Un témoignage rapporté par Hamidou Zonga (2021 : 50) mentionne : « Nous vivons dans un pool de brassage culturel et identitaire. Nous étions des Moosé, Peul, Kouroumba ou Fulsé, des Mandé et bien d’autres groupes ethniques. Nous n’avions qu’une ambition commune : la fin de la terreur et le retour dans nos localités respectives. Le terrorisme a causé beaucoup de mal aux populations qui avaient commencé à se détester inutilement. […] Sur notre site les Moosé et le Peuls s’étaient livrés à une Bataille farouche […]. Les premiers accusaient les seconds d’être de connivence avec les hommes armés. Pour calmer la tension et consolider la cohésion sociale déjà fragilisée, le gouvernement décide d’envoyer les Peuls sur un site spécial à Barsalgho. Depuis lors, il n’y a plus eu de palabre entre PDI. » Ainsi, à travers la thématique « Gouvernance locale et fragilité des populations », le leadership, la gestion administrative, la gestion fiscale, la fourniture des services publics, la participation civique, l’environnement sécuritaire, la justice et la règle de droit, les fondements économiques ont été fait l’objet de discussion avec les acteurs locaux, afin de cerner ces importantes dynamiques et leurs impacts sur le vécu des citoyens. Les résultats de ce travail de recherche sur le terrain seront présentés, à l’instar de la méthodologie et d’une discussion.
Méthodologie
3Elle a consisté en une revue de littérature, une collecte de données qualitatives et l’observation participante. La revue de littérature a porté sur la gouvernance locale et les problématiques y relatives, la fragilité, la vulnérabilité et la résilience des populations. Au niveau de la collecte de données, une enquête qualitative a été effectuée sur le leadership, la gestion administrative, la gestion fiscale, la fourniture des services publics, la participation civique, l’environnement sécuritaire, la justice et la règle de droit, les fondements économiques dans les quatre régions les plus touchées par l’insécurité au Burkina Faso, à savoir le Goulmou, les Kulsés, le Liptako et le Yadga. Relativement aux sites d’enquêtes, les données ont été collectées à Fada N’gourma (Goulmou), à Yako, Gourcy, Ouahigouya (Yadga), à Kaya (Kulsés), à Dori (Liptako) du 23 novembre au 26 décembre 2021. Ces localités ont été choisies parce qu’elles sont les plus exposées aux attaques terroristes. En effet, sur un effectif total au plan national de 1 741 655 Personnes Déplacées Internes (PDI) au 31 janvier 2022, les populations des régions des Kulsés, du Goulmou, du Yadga et du Liptako au Burkina Faso comptent à elles seules 1 531 789 PDI, soit une proportion de 87,95%. Les problématiques de l’insécurité dues aux attaques terroristes récurrentes et aux crises intercommunautaires ont laissé ces quatre régions administratives dans un état de désarroi sans précédent. Un guide d’animation a été élaboré pour animer des focus group sur les huit dimensions de la gouvernance locale et recueillir l’appréciation des populations par rapport à chacune des dimensions, qui sont les suivantes: le leadership, la gestion administrative, la gestion fiscale, la fourniture des services publics, la participation civique, l’environnement sécuritaire, la justice et la règle de droit, les fondements économiques. C’est à travers les réponses apportées que ressort le degré de fragilité de la gouvernance par dimension. Un échantillon de 300 personnes a été défini avec 30 focus group de 10 participant(e)s dans 06 localités qui sont : Dori, Fada N’gourma, Gourcy, Kaya, Ouahigouya et Yako. Le profil des participant(e)s aux focus groups était composé d’élus ou leaders /fonctionnaires influents, hommes adultes, femmes adultes, jeunes femmes, jeunes hommes. Les données collectées ont été transcrites, traitées et analysées. Ce sont ces résultats de ce travail de terrain qui sont présentés dans la deuxième partie.
Résultats
4Pour cerner les fondements de la crise sécuritaire que connait le Burkina Faso, il faut jeter un regard rétrospectif sur ce qui se passait au niveau local en matière de leadership, de gestion administrative, de gestion fiscale, de fourniture des services publics, de participation civique, d’environnement sécuritaire, de justice et la règle de droit, des fondements économiques au sein des collectivités territoriales décentralisées(CTD).
Le leadership
5Concernant le leadership, les données de terrain ont révélé qu’il est entaché par la corruption, de fausses promesses, un manque d’engagement, le favoritisme et une priorité aux intérêts personnels. « Les leaders défendent leurs intérêts avant ceux de la communauté. Ils vont améliorer leurs conditions de vie avant de penser à réaliser des activités pour les autres. Ils vont se construire de jolies villas. Ils sont divisifs, mais ils font semblant1. » Au niveau local, le leadership souffre de discrimination de genre, du déni du leadership féminin, de la primauté des intérêts personnels sur l’intérêt général, du détournement des deniers publics, du délit d’apparence et de l’art de la division. « Les femmes sont présentes et à la fin elles sont exclues2.» Le népotisme, l’absence de stratégie de communication, l’usage de la ruse, l’inaccessibilité des gouvernants font partir des vices ayant terni la gouvernance locale. « Il faut toujours connaître quelqu’un pour avoir l’information. Les informations sur la sécurité ne sont pas disponibles et il est difficile d’y accéder3.» Le leadership local se heurte aux conflits de génération entre aînés et cadets dans l’accès aux sphères de décision et au refus d’admettre le leadership des jeunes. « Nous sommes dans une culture moaga où le droit d’ainesse prime beaucoup. Cela veut dire qu’on n’accepte pas qu’un petit frère soit au – devant d’un grand frère en tant qu’élu local4.» Parmi les maux qui minent le leadership, les acteurs locaux ont indiqué l’autoritarisme, l’exclusion des femmes des sphères de décision, les discriminations de genre, le favoritisme, la rétention de l’information, le clientélisme dans la circulation de l’information, l’absence de stratégie de communication pour l’information des citoyens. « Chaque élu ne favorise que son village5.» Au niveau local, le leadership se caractérise par la cupidité, la culture de la division, le favoritisme, la gestion partisane, le népotisme, la primauté de l’intérêt individuel sur l’intérêt général.
La gestion administrative
6En matière de gestion administrative, le manque de confiance, l’ethnicisme, l’exclusion et les discriminations ont été signalés. « Tout le monde ne peut pas faire la politique. Il y a aussi des ethnies qui sont exclues et des paramètres religieux empêchent aussi. Il y a des coutumes qui empêchent certaines catégories de faire la politique6.» Le népotisme, favoritisme, exclusion, discrimination dans le traitement des usagers des services publics restent de mise. « Les gens des fonctionnaires locales sont prioritaires et ont des privilèges par rapport à d’autres. Le voisin peut avoir de l’eau et celui qui est situé avant le voisin a déposé sa demande pendant des mois pour avoir de l’eau et ne gagne pas7.» L’absence de dévouement, l’inconscience professionnelle, le népotisme, la discrimination dans l’application des textes et la partialité dans le traitement des administré(e)s constituent des entraves à une bonne gouvernance administrative locale. « C’est la politique qui fait entrer à la fonction publique, mais pas la connaissance. Les partis politiques ont gâté les choses. Même quand tu as le BEPC8, un leader peut te classer à un poste de niveau Bac9». Outre le fait qu’il n’y a pas d’égalité des chances dans l’accès aux emplois de la fonction publique locale, le manque d’information, de sensibilisation et de communication, l’utilisation de ruse dans les relations entre gouvernants et gouverné(e)s ne font qu’aggraver les préoccupations des citoyens à la base. « L’information n’est pas donnée en temps voulu, ni à temps. Pour avoir l’information, parfois, c’est très compliqué. Les informations ne sont pas données clairement. Les responsables nous cachent certaines choses10 » Sur le plan administratif, les citoyens sont confrontés aux tracasseries administratives, aux incompétences des agents locaux. Ils plaident pour la nécessité d’associer des volontaires aux travailleurs de l’administration locale. Dans le domaine de la gestion administrative, le clientélisme dans les recrutements locaux ainsi que le favoritisme dans l’attribution des marchés restent préoccupants. La forte influence des partis politiques dans les recrutements locaux, l’usurpation voire la tricherie dans les classements professionnels, le favoritisme, le clientélisme politique et l’opacité dans la mise en place des structures locales indignent les citoyens. En fonction des groupes, la corruption dans les recrutements aux postes administratifs locaux, le favoritisme et le népotisme demeurent récurrents.
La gestion fiscale
7En ce qui concerne la gestion fiscale, les participant(e)s aux focus group retiennent le manque de transparence dans la création des taxes, l’absence d’information et de sensibilisation sur les taxes prélevées au niveau communal, la cherté des taxes locales, des taxes en inadéquation avec les réalités économiques des territoires. L’opacité dans les dépenses publiques locales, la discrimination dans le paiement des taxes locales ne motivent pas au civisme fiscal. « Quand ils veulent faire une réalisation, ils votent le budget entre eux et font ce qu’ils veulent. C’est seulement après réalisation, qu’ils nous disent : voilà ceci, voilà cela. Et voici le montant, mais ce n’est pas clair. Dans tout ce qu’ils font, ils donnent des informations en haut, en haut seulement. Ils gardent le secret. Ils cachent d’autres choses11.» Au niveau de la gestion fiscale, des citoyens rappellent qu’il y a aussi du favoritisme, du népotisme dans le paiement des infractions locales et de l’incivisme fiscal. « Beaucoup de gens paient, mais les affaires ne finissent pas. Ceux qui prétextent être les amis du maire préfèrent contourner la voie légale12. » Dans le domaine de la gouvernance fiscale, des acteurs locaux abordent la problématique de la cherté et de l’abus des taxes des infrastructures publiques marchandes. L’inadéquation des taxes, l’opacité du budget local, l’absence de communication et le manque de transparence sur les dépenses publiques ne facilitent pas la tâche aux citoyens. L’absence de redevabilité, le manque d’information en matière de gestion fiscale, l’imposition sélective et la discrimination dans le recouvrement des taxes locales ne font qu’aggraver les choses au niveau local. « On voit payer les taxes, même si on ne sait pas où va l’argent. On ne rend pas compte à toute la population. Les informations sur les dépenses [publiques] sont bien gardées. On n’informe pas tout le monde. L’information n’est pas publiée13.»
La fourniture des services publics
8En matière de services publics, l’inconscience professionnelle, l’indisponibilité des consommables médicaux et le manque de ressources pour ravitailler les hôpitaux jouent sensiblement sur la qualité des prestations destinées aux usagers. « Dans les services de santé, ceux qui sont de garde, au lieu d’être à l’hôpital, repartent dormir à la maison. Certains agents de santé abandonnent le travail pour suivre la télévision aux heures de service14. » La difficile prise en compte de besoins prioritaires dans le domaine de l’éducation, la fuite de responsabilité des élu(e)s locaux dénotent des négligences qui minent le secteur de l’éducation. Au regard de l’absence de planification dans la réalisation des infrastructures publiques locales, l’iniquité dans les investissements en matière d’eau et d’éducation, l’état défectueux des routes entrave les évacuations d’urgence. « Des zones se retrouvent avec des doublons de fontaines ou de forages, pendant que d’autres sont vraiment en déficit d’eau. Cela fait que des villages entiers se retrouvent sans forages et leurs habitants sont contraints de faire des kilomètres à la recherche de l’eau15.» L’état de la fourniture des services publics révèle une situation d’inconscience professionnelle, d’incompétence du personnel médical qui conduit à plus d’efficacité des soins dans les structures privées, que celles du public, caractérisées par la rupture des produits pharmaceutiques, la corruption dans la réalisation des infrastructures publiques, l’absence chronique des enseignants et des effectifs pléthoriques des classes. Le manque d’infrastructures routières limite la mobilité des populations et concourent à la marginalisation des citoyens tout en isolant des localités. Une autre préoccupation et non des moindres, c’est aussi l’abandon des postes par les agents publics locaux de la santé, le problème d’hygiène, la peur de l’insécurité, le manque de cohésion sociale et l’improductivité. Aux maux déjà cités, il faut y ajouter le dénuement des localités, le manque d’eau potable, le difficile accès des populations à l’eau potable. A l’instar des conflits liés à l’accès à l’eau potable, la collecte de données a révélé une mauvaise organisation de la distribution de cette ressource vitale et une passiveté des usagers pour cause de pauvreté face aux difficultés qu’ils rencontrent dans la fourniture des services publics locaux. Les caprices et les suffisances des agents publics locaux, les traumatismes infligés aux administré(e)s et le manque de respect envers les citoyens demandeurs de prestations ne font qu’éprouver les usagers.
La participation civique
9La participation civique est marquée par un engagement citoyen des acteurs locaux pour accompagner le développement local. Il est important de signaler la mobilisation des citoyens locaux autour de l’intérêt général. « Les citoyens aident les autorités municipales. On voit très souvent des journées de salubrité organisées soit par les jeunes garçons, soit les femmes pour balayer les routes ou pour laver certains locaux16. » Mais, les OSC engagées pour des actions de développement ne reçoivent pas d’appuis financiers au niveau local.
L’environnement sécuritaire
10Au plan sécuritaire, les citoyens et administrés se sentaient abandonnés à leur sort avec les attaques terroristes et les vols de leurs biens. Ils sont exposés et non protégés. « La commune de Kaya est sécurisée, mais les villages environnants ne sont pas sécurisés. À 10 km de la commune, tu sens déjà que les gens ne sont pas à l’aise17. » L’abandon des collectivités territoriales se manifeste par la peur des citoyens au quotidien et l’emprise des terroristes sur les ressources des localités conquises. Cette situation qui ne fait que fragiliser les citoyens. Le recours à la sécurité traditionnelles pour atténuer l’insécurité semble l’idéal en raison de l’intervention tardive des agents de sécurité moderne et de l’absence d’information en temps réel. Les villes étant plus sécurisées que les périphéries, la protection des citoyens et celle de leurs biens sont finalement assurée par des acteurs de la sécurité traditionnelle. Au plan sécuritaire, la collecte de données a révélé que le niveau local se heurte à la situation suivante : des forces de l’ordre fragiles, en nombre insuffisant pour assurer la protection et la défense des populations locales, un armement désuet, des compétences techniques en déphasage avec les défis du moment. « Nous avons des amis dans les rangs des forces de l’ordre. Eux-mêmes, nous disent qu’ils ont peur. Ils n’ont pas de matériels et la formation fait défaut18.» La confiance des citoyens aux services de sécurité traditionnelle pour leur protection a été réitérée. « Avec la présence des individus armés non identifiés au Burkina Faso, la panique règne. À part l’État, nous disposons de nos Koglwéogo19, qui font un bon boulot de protection de nos biens dans les villages environnants. Ils ne sont pas dans les villes, mais dans les villages20. » Mais sans un appui institutionnel, ses acteurs ne pourront pas faire mieux. Un groupe de participants aux discussions focalisées a signalé la précarité et l’insécurité du dispositif d’accueil des déplacés internes. « Des villages se sont déplacés ici et ces gens sont à la place de la nation. Il n’y a même pas un lieu décent pour permettre à ces gens de s’installer. Ils sont à l’air libre. À la place de la nation, tout peut arriver. Les citoyens se trouvent sous une menace permanente21.»
La justice et la règle de droit
11A ce niveau également le constat fait état de la corruption, d’une justice à deux vitesses, des riches et autorités locales qui sont privilégiés par la justice. « Les riches et les pauvres ne sont pas les mêmes devant la justice. La justice classique est problématique. C’est une justice de riches. On libère le riche au détriment du pauvre. Nombreux sont libérés sans jugement. Le riche et l’autorité ne sont pas arrêtés22.» Des jeunes participants aux discussions n’ont pas manqué de dénoncer la partialité, le laxisme de la justice locale, la remise en cause de son fonctionnement et la corruption. Des discussions, il ressort que la pratique du mysticisme au plan local constitue une entrave aux décisions judiciaires. « Certains juges ont peur de prendre des décisions, parce qu’il y a des vieux, lorsqu’ils te regardent d’une certaine façon, « tu n’es pas fou » pour prendre une décision en leur défaveur. Pour toutes ces raisons, il y a la fragilité à ce niveau23. » Ce qui ramène au constat suivant : la présence d’une justice locale hybride. Les discussions de groupes soulignent une justice sous l’influence de l’argent, de la classe sociale et des discriminations qui l’entachent de surcroit. Les femmes rechérissent en parlant de corruption, d’injustice, de partialité dans les décisions judiciaires et signalent l’existence d’une haute classe privilégiée. « Le système de justice informelle et formel se complètent. Le système judiciaire est injuste : la haute classe est privilégiée. Si vous croisez un bon juge, il va trancher la vérité. Si par malheur, vous croisez celui qui a mangé, il tranche à sa manière24. » Les jeunes insistent en rappelant la corruption, l’injustice dans la résolution des litiges et une préférence pour la justice traditionnelle. « Si tu es une personne bien nantie, ton traitement ne sera pas du tout la même chose que le simple paysan devant les institutions judiciaires. Il y a un favoritisme dans le fonctionnement des services de la justice. Un innocent peut être condamné à tort par les manigances des humains. Les personnes vulnérables y sont mal traitées25. »
Les fondements économiques
12Il existe une collaboration entre public et privé et le secteur de l’éducation reste en bonne position. En ce qui concerne les fondements économiques, la corruption, le favoritisme, la teinture partisane dans l’attribution des marchés publics se présentent comme des préoccupations locales. « Les marchés publics, ce sont les intérêts. Si on sait qu’en donnant à quelqu’un, on ne va rien gagner, il ne l’aura pas. Ce sont des fils branchés. C’est celui qui m’avait aidé dans ma campagne électorale, qu’il ne faut pas oublier. Le candidat a débloqué un million de FCFA pour son élection et il y a aussi des gens qui ont dépensé 10 à 15 millions pour que je sois élu. C’est du gagnant-gagnant.26. » Les hommes soulignent l’opacité dans la gestion des marchés publics, la compétition des entreprises non officielles, l’inégalité des chances dans les compétitions aux marchés publics et la vie chère dans les fondements économiques des collectivités territoriales. Pour le groupe des femmes, les entreprises à jour participent aux compétitions dans le domaine des marchés publics. Elles notent une tendance locale à la hausse des prix des denrées de premières nécessités et la cherté de la vie. « Nous avons remarqué la monté excessive des prix des produits. L’assiette de maïs coûte 700 FCFA, celle du haricot fait 1750FCFA. Or, nous sommes au temps des récoltes. Imaginons d’ici trois mois, à quel degré serons- nous ? Il faut vraiment que le gouvernement se penche sur cette affaire27. » L’affairisme, le favoritisme et la fluctuation des prix entravent les fondements économiques locaux. Comme autres formes d’entraves, il y a le mercantilisme, l’anarchie dans la fixation des prix des produits de consommation, des malaises ambiants dans l’enregistrement des entreprises pour participer aux compétitions des marchés publics. « Tout le monde peut compétir. Mais, c’est la finalité qui n’est pas ça. Nous n’avons pas les mêmes chances. Il y a des entreprises clandestines28. »
Discussion
13Même si la décentralisation a le mérite d’avoir consacré « le droit des collectivités territoriales à s’administrer librement et à gérer des affaires propres en vue de promouvoir le développement à la base et de renforcer la gouvernance locale29. », force est de reconnaître que cette autonomisation de gestion a occasionné des dérives qui n’ont fait que préparer un terrain favorable à l’extrémisme violent. Parmi les faits et pratiques ayant fragilisé la gouvernance locale, il y a la corruption, le népotisme, les injustice, la gestion partisane, l’exclusion, l’affairisme, le népotisme, la partialité de la justice, l’opacité dans les dépenses publiques, définition des priorités locales dans l’opacité, l’octroi discriminatoire des marchés publics, l’absence de redevabilité, le manque de transparence, les abus de pouvoir, l’inconscience professionnelle des agents, l’incompétence du personnel recruté, l’absence de mécanismes de contrôle et des sanctions, l’absence ou la mauvaise qualité des investissements dans les domaines de la santé et de l’éducation, etc. Malgré la tutelle rapprochée, les maux qui minent les collectivités territoriales donnent l’impression que les populations sont laissées à la merci des gouvernants locaux et au bon vouloir du personnel administratif local. En effet, selon le rapport public 2013 du Conseil Économique et Social (CES), les faiblesses et les dysfonctionnements du système de gouvernance sont perceptibles dans les comportements des autorités publiques. Ces comportements se manifestent par les dérives dans la gestion du pouvoir d’État et qui se caractérise par le clientélisme (trafic d’influences, achats de consciences), le favoritisme, le népotisme et l’arrogance (CES, 2013 : 30). Ce qui ne facilite pas du tout la relation du citoyen à l’État et ses démembrements, y compris ceux qui incarnent son autorité. En ce qui concerne la vulnérabilité des populations, elle se manifeste par la montée de l’insécurité, les limitations d’accès dans les zones touchées à cause des opérations militaires, les menaces directes des groupes armés, la pauvreté, l’insécurité alimentaire chronique, la criminalité organisée qui transforme les frontières en zone de toutes les sortes de trafics, les déplacements massifs de populations (MENAPLAN, 2019:7). A défaut de la protection institutionnelle classique, elles préfèrent se servir de leurs croyances pour se stabiliser psychologiquement. L’abandon des citoyens fait d’ailleurs partie des reproches majeurs adressés à l’Etat face aux problématiques de la radicalisation et de l’extrémisme violent. En la matière, B., Nikiema Ouédraogo (2020, p. 144) fait le constat d’une triple absence de l’État, qui se manifeste au plan physique, symbolique et sociale. Ce que les populations considèrent comme une forme d’exclusion. Sur le plan physique, elles notent une absence totale ou quasi-totale en termes de maillage sécuritaire caractérisée par une insuffisance de postes de police, de gendarmerie, de douane, de casernes militaires et la faiblesse de leur dotation en hommes et en moyens logistiques (B., Nikiema Ouédraogo, 2020, p.144). D’un point de vue symbolique, la présence de l’État tient peu de place dans l’esprit des populations (B., Nikiema Ouédraogo, 2020 , p.144). Privé des moyens matériels et symboliques nécessaires à l’exercice de la violence légitime, l’État a perdu de facto son monopole. D’où la prolifération de pouvoirs et de centres d’autorité défiant celle de l’État (B., Nikiema Ouédraogo, 2020, p.144). Au niveau social, outre la sécurité, les services de santé manquent. Le cas de l’école est particulier avec la faible présence de l’école républicaine qui est rejetée par les populations pour lesquelles, l’enfant utile n’est pas celui qui va à l’école, mais celui qui garde le troupeau ou qui pratique l’orpaillage ( B., Nikiema Ouédraogo, 2020, p.145). Le savoir utile n’est pas celui que donne l’ « école du Blanc », mais celui de l’école coranique. L’exclusion sociale se manifeste par la marginalisation et la stigmatisation des identités ethniques (B., Nikiema Ouédraogo, 2020, pp. 144 - 145). Les peuls expriment un sentiment d’injustice à l’égard de l’État et de son fonctionnement. De nombreux protagonistes peuls critiquent le caractère partial des verdicts prononcés par les différents tribunaux (préfectures, police, gendarmeries, palais de justice, etc.) lors des conflits les opposant à des tiers (B., Nikiema Ouédraogo, 2020, p.145). Leurs mécontentements concernent les lois foncières, la politique de gestion des terroirs et des ressources naturelles, la résolution des conflits opposant les membres de l’ethnie peule à d’autres ethnies. L’insécurité rurale s’est accentuée au cours des années 2000 dans tout le pays, en particulier dans les régions de l’Est et du Centre-Nord où opèrent de nombreux gangs spécialisés dans le vol de bétail et des coupeurs de route. Certains axes routiers, notamment à l’Est, ne sont plus empruntés et les populations réclament dans certaines régions de pouvoir assurer elles-mêmes leur sécurité (International Crisis Group, 2020, p. 9). C’est dans ce contexte que les habitants de Bogandé (région de l’Est) ont manifesté en mars 2014 pour réclamer la remise en place des comités locaux de sécurité, organe de concertation entre les services de sécurité et les populations (International Crisis Group, 2020, p.9). Face à l’impuissance de l’État, les communautés se sont réappropriées la lutte contre l’insécurité avec la formation des Koglweogo (« gardiens de la brousse » en moore). Ils se sont étendus aux régions du Centre-Nord et de l’Est, avec l’aval des autorités coutumières locales (International Crisis Group, 2020, p. 9). C’est une manière de rappeler que la crise sécuritaire que traverse le Burkina Faso avec ses impacts dramatiques n’est que le corollaire des pratiques de mauvaise gouvernance qui s’opéraient au niveau local à l’indifférence de l’Etat central. Cet abandon institutionnel se dépeint sur l’extrême vulnérabilité des populations, dont les capacités de résilience se résument à la confiance aux ancêtres. Ce qui est la preuve que l’Etat a échoué dans ses missions essentielles de protection et de défense des droits des citoyens. Ainsi, la décentralisation en tant qu’option politique n’étant pas une mauvaise chose en soi, il y a lieu de travailler au rétablissement d’une véritable démocratie fonctionnelle à la base en donnant la possibilité aux populations de s’organiser à travers des structures de contre-pouvoir dans l’optique de veiller aux bonnes manières de gérer et d’administrer, à la moralité et l’intégrité des gouvernants, puis de promouvoir la transparence, la redevabilité, l’impartialité à tous les niveaux de la vie politique, économique et sociale d’une collectivité territoriale.
Conclusion
14Ce travail de terrain porte sur la fragilité des populations en lien avec la gouvernance locale au Burkina Faso. Il ambitionne de contribuer à l’amélioration de leurs capacités de résilience en scrutant les malaises profonds d’un environnement en proie à une crise sécuritaire récurrente et multiforme. Ainsi, s’il est reproché à l’Etat son absence physique, symbolique et sociale, force est de constater que le laisser aller qui prévalait dans la gestion des collectivités territoriales n’a fait qu’aggraver la situation. Ne sachant plus à quel saint se vouer, des citoyens se sont vus obligés de prendre leurs responsabilités en se révoltant par endroit et en basculant dans la radicalisation et /ou l’extrémisme violent. Si les premières attaques ont violemment touché les symboles de l’Etat ainsi que les dépositaires de son autorité ou encore ses représentants, cela n’est pas le fait du hasard. D’où l’intérêt et la nécessité de doter les citoyens d’un minimum de pouvoir, afin de leur permettre d’assurer le contrôle de la gouvernance sur leur ressort territorial. Au regard des graves dérives déjà connues, les citoyens auront besoin d’une forme de contre-pouvoir faire des alertes, même précoces sur tout ce qui ne va pas dans la manière de gérer une collectivité territoriale, les comportements des élu(e)s et/ou gouvernants locaux. Car, quelque part, c’est l’impuissance des citoyens face aux dérives de gouvernance, qui a occasionné les différences formes de crises que le pouvoir central se voit obliger se solutionner actuellement. Ainsi, outre les numéros verts pour dénoncer des acteurs indélicats, les citoyens auront besoin de disposer sans crainte, de structures autonomes spécialisées dans l’interpellation, la dénonciation et la remise en cause de priorités locales non consensuelles ou partisanes, en déphasage avec les besoins réels des communautés. Actuellement, en dépit de la gestion locale par les délégations spéciales, le programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a créé un outil de mesure de l’intégrité appelé « Système d’Intégrité Locale (SIL) ». Son élaboration s’inscrit en droite ligne dans la prévention des risques liés à des pratiques de corruption au niveau local. L’intérêt d’un tel outil est d’impulser une gouvernance inclusive et participative dans les collectivités territoriales à travers la promotion de la transparence et de la redevabilité. Par ailleurs, au-delà des élections comme mode de désignation des élu(e)s locaux, des critères idoines doivent être définis pour avoir des hommes et des femmes qui incarnent un certain nombre de valeurs en mesure d’en faire de bons gouvernant(e)s, voire des modèles pour la société. Dans le domaine de la justice, il serait intéressant que les représentants d’organisations de la société civile (OSC)locales siègent en tant que partie civile dans les procès. Les projets de réformes en perspective doivent s’inspirer des souffrances passées subies par les populations en toute impunité pour opérer des changements radicaux, transformateurs de la société et des comportements négatifs qui l’entachent.
Bibliographie
BOUDON R., & alli, 1999, Dictionnaire de sociologie, Éditions Larousse – Bordas, Paris, France, 279 pages.
CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL, 2013, Défiance des citoyens vis-à-vis de l’autorité publique : Quelles solutions pour une société de paix soutenue, Rapport public 2013, CES, Ouagadougou, Burkina Faso, 82 pages.
DIALLO L.,N., 2021, Le terrorisme au Sahel. Dynamique de l’extrémisme violent et lutte anti-terroriste : un regard à partir du Burkina Faso, Éditions L’Harmattan, Paris - Ouagadougou, France – Burkina Faso, 189 pages.
INTERNATIONAL CRISIS GROUP, 2019, Reprendre en main la ruée vers l’or au Sahel central, Rapport Afrique, N°282, 13 novembre 2019, Brussels, Belgium, 28 pages.
International Crisis Group, 2020, Burkina Faso : sortir de la spirale des violences, Rapport Afrique, N°287, 24 février 2020, Brussels, Belgium, 51 pages.
LOADA A., et ROMANIUK P., 2014, « Prévention de l’extrémisme violent au Burkina Faso. Vers une résilience nationale dans un contexte d’insécurité régionale », Rapport, Global Center on Cooperative Security, Goshen, USA, 56 pages.
MENAPLAN, 2019, Stratégie Nationale de Scolarisation des élèves des zones à forts défis sécuritaires au Burkina Faso (SSEZDS) 2019 – 2024, MENAPLAN, Ouagadougou, Burkina Faso, 46 + XXX pages.
Loi N°065-2009/AN portant modification de la loi N°055-2004/AN du 21 décembre 2004 portant Code général des collectivités territoriales au Burkina Faso.
OUÉDRAOGO N., B., 2020, Sociologie des violences contre l’État au Burkina Faso. Question nationale et identités, Éditions L’Harmattan, Paris, France, 247 pages.
ZONGA H., 2021, FOUBÉ ou la croisade des femmes. Devoir patriotique et en hommage aux victimes du terrorisme au Burkina Faso, Les éditions Plum’Afrik, Ouagadougou, Burkina Faso, 83 pages.
Notes
1 Focus group, Ouahigouya, Jeunes Hommes, Région du Yadga, Novembre 2021.
2 Focus group, Dori, Femmes Adultes, Région du Liptako.
3 Focus group, Gourcy, Jeunes Hommes, Région du Yadga, Novembre 2021.
4 Focus group, Gourcy, Jeunes Hommes, Région du Yadga, Novembre 2021.
5 Focus group, Dori, Elus ou Leaders /Fonctionnaires Influents, Région du Liptako.
6 Focus group, Dori, Jeunes Femmes, Région du Liptako, Novembre 2021. Focus group, Dori, Jeunes Femmes, région du Liptako, Novembre 2021.
7 Focus group, Kaya, Femmes Adultes, Région des Kulsé, Novembre 2021.
8 Brevet d’Études du Premier Cycle.
9 Baccalauréat. Focus group, Dori, Jeunes Hommes, Région du Liptako, Novembre 2021.
10 Focus group, Dori, Jeunes Hommes, Région du Liptako, Novembre 2021.
11 Focus group, Dori, Jeunes Hommes, Région du Liptako, Novembre 2021.
12 Focus group, Kaya, Jeunes Femmes, Région des Kulsé, Novembre 2021.
13 Focus group, Dori, Jeunes Femmes, Région du Liptako, Novembre 2021.
14 Focus group, Yako, Elus ou Leaders /Fonctionnaires Influents, Région du Yadga, Novembre 2021.
15 Focus group, Gourcy, Elus ou Leaders /Fonctionnaires Influents, Région du Yadga, Novembre 2021.
16 Focus group, Yako, Jeunes Hommes, Région du Yadga, Novembre 2021.
17 Focus group, Kaya, Hommes Adultes, Région des Kulsé, Novembre 2021.
18 Focus group, Gourcy, Jeunes Hommes, Région du Yadga, Novembre 2021.
19 Littéralement traduit du moore en français, cela donne les « les protecteurs, les gardiens de la brousse ». C’est une forme de service de sécurité traditionnelle, dont les missions restent informelles.
20 Focus group, Yako, Femmes Adultes, Région du Yadga, Novembre 2021.
21 Focus group, Ouahigouya, Hommes Adultes, Région du Yadga, Novembre 2021.
22 Focus group, Dori, Hommes Adultes, Région du Liptako, Novembre 2021.
23 Focus group, Fada N’gourma, Elus ou Leaders/ Fonctionnaires Influents, Région du Goulmou, Décembre 2021.
24 Focus group Fada N’gourma, Femmes Adultes, Région du Goulmou, Décembre 2021.
25 Focus group, Kaya, Elus ou Leaders/ Fonctionnaires Influents, Région des Kulsé, Novembre 2021.
26 Focus group, Fada N’gourma, Jeunes Hommes, Région du Goulmou, Décembre 2021.
27 Focus group, Fada N’gourma, femmes adultes, région du Goulmou, Décembre 2021.
28 Focus group, Fada N’gourma, Hommes Adultes, Région du Goulmou, Décembre 2021.
29 Article 2 du Code Général des Collectivités Territoriales.
Pour citer ce document
Quelques mots à propos de : Karimatou Jocelyne VOKOUMA BOUSSARI
Maître de recherche en Anthropologie
Institut des Sciences des Sociétés(INSS) Ouagadougou