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N°43-juin 2026

Boukari AMADOU LIMAN

La Formation de l’Alliance des États du Sahel dans un contexte d’insécurité

Article

Résumé

Cet article examine la formation de l'Alliance Sahélienne par les États de la région du Liptako-Gourma et les objectifs sous-jacents à cette initiative. Dans un contexte marqué par une crise sécuritaire majeure, le Burkina Faso, le Mali et le Niger, pour faire face au contexte d’insécurité qui les minent, ont mis en place cette Alliance de l’AES. Selon Léon Koungou (2023), la création de cette alliance par les trois juntes militaires ne résoudra pas définitivement la situation sécuritaire de la zone. En revanche, Elysée Martin Atangana (2017) souligne que la difficulté d'une alliance régionale a empêché le Nigéria d'endiguer le phénomène du terrorisme perpétré par l’organisation de Boko Haram. Abdennour Benantar (2016) affirme, quant à lui, qu’en parlant de l’Algérie, il disait que pour préserver sa propre sécurité et, par extension, celle de ses voisins en difficulté, elle était obligée d’intégrer la sécurité régionale dans la sphère de la sécurité nationale. Jean-François Daguzan (2008), en évoquant les alliances post-11 septembre, a déclaré que « le reste du monde s'associait à la peine et à la vengeance des États-Unis », soulignant ainsi que les alliances entre États visent souvent à exprimer la solidarité envers des événements tragiques ». Cet article propose d'analyser les antécédents de cette alliance, notamment les organisations régionales précédentes auxquelles ces États ont participé, telles que l’Autorité du Liptako-Gourma et le G5 Sahel. Il met également en lumière les défis auxquels l'Alliance Sahélienne serait confrontée, notamment en ce qui concerne la coordination des efforts de sécurité et la mobilisation des ressources nécessaires. Ainsi, l’article est divisé en deux parties. La première partie présente l'AES Alliance des États du Sahel (1), et la deuxième partie évoque l'alliance comme un instrument de souveraineté dans la lutte contre l’insécurité pour ces trois pays (2).

Abstract

This article examines the formation of the Sahelian Alliance by the states in the Liptako-Gourma region and the underlying objectives of this initiative. In a context marked by a major security crisis, the countries of Burkina Faso, Mali, and Niger established this Alliance to address the insecurity plaguing them. According to Léon Koungou (2023), the creation of this alliance by the three military juntas will not definitively resolve the security situation in the area. Conversely, Elysée Martin Atangana (2017) emphasizes that the difficulty of a regional alliance prevented Nigeria from curbing the terrorism phenomenon perpetrated by Boko Haram. Abdennour Benantar (2016) argues, in reference to Algeria, that to preserve its own security and, by extension, that of its struggling neighbors, it was obliged to integrate regional security into the sphere of national security. Jean-François Daguzan (2008), referring to post-9/11 alliances, stated that "the rest of the world joined in the grief and vengeance of the United States," highlighting that alliances between states often aim to express solidarity in the face of tragic events.

This article proposes analyzing the precedents for this alliance, including regional organizations in which these states have participated, such as the Liptako-Gourma Authority and the G5 Sahel. It also highlights the challenges the Sahelian Alliance will face, particularly in coordinating security efforts and mobilizing necessary resources. Thus, the article is divided into two parts. The first part presents the alliance (1), while the second part discusses the alliance as an instrument of sovereignty in the fight against insecurity in the Sahel (2 ).

Texte intégral

pp. 239-262

Introduction

1Le phénomène d’insécurité mondiale provoqué par des organisations terroristes continue de miner l'espoir d'un avenir meilleur pour les États de tous les continents. Selon Ladislas Nze Bekale (2021), cette situation a incité les États à repenser leurs cadres stratégiques de lutte contre ces groupes terroristes. Ainsi, diverses alliances ont été formées par les États afin de faire face au terrorisme, qui est l’une des pires menaces planétaires. Jan Eichler (2006) affirmait :

« Aujourd'hui, tout le monde s'accorde à penser que le terrorisme représente une des plus graves menaces du monde contemporain ». Myriam Chaouch (2018), dans son ouvrage intitulé : « Quelle perception de la menace terroriste ?»,

2explique que pour lutter contre les groupes terroristes, les États de l’Afrique de l’Ouest ont mis en place la force conjointe du G5 Sahel et la force multinationale mixte (FMM) contre Boko Haram. Ces organisations avaient pour objectif commun la lutte contre les groupes terroristes.

3En effet, depuis la crise libyenne d’octobre 2011, ces trois pays de cette Alliance continuent d’être confrontés à la crise sécuritaire avec de graves conséquences. Par exemple, au Burkina Faso, Thierry Martin Foutem (2022) souligne que le terrorisme a conduit à la perte de nombreux époux, enfants, pères et parfois même de la vie de nombreuses femmes. Au Niger, le 25 juin, vingt soldats ont été tués dans une attaque perpétrée par une « coalition de groupes armés » près du village de Tassia, dans le département de Terra1 . La question que cet article traite s’articule comme suit : à travers cette Alliance, quelles sont véritablement les objectifs visés par ces États ? Cette étude est basée sur une recherche documentaire et des interviews menées auprès de divers acteurs (Forces de Défense et de Sécurité, Chercheurs dans le domaine de la sécurité), vise à répondre à cette interrogation. L'objectif de cet article est double. Premièrement, il s'agit de produire une analyse détaillée et éclairante sur l’Alliance des États du Sahel. Deuxièmement, il vise à formuler des recommandations permettant aux responsables de cette initiative de disposer de leviers pour assurer la pérennisation de l’alliance. À travers une analyse approfondie, l'article explore les raisons ayant conduit ces États du Sahel à mettre en place cette alliance, les défis et les perspectives de cette nouvelle alliance dans un contexte de lutte contre l’insécurité au Sahel.

4Justification du choix du modèle d’analyser : En partant de l’idée qu’une alliance renvoie à un accord formel par lequel plusieurs États s’engagent mutuellement à se défendre contre un ennemi commun (Osgood Robert E. et Badgley John H., Japan, 1968), et sachant que les États veulent travailler en alliance, il est pertinent d’utiliser ce postulat comme cadre de référence pour l’analyse de cette étude. Pour les auteurs libéraux, c’est la reconnaissance d’intérêts partagés entre les États, et donc le besoin de « sécurité collective », qui doit prévaloir au sein du système international, plutôt que la recherche de l’intérêt individuel, nécessairement facteur de conflit. En respectant la morale libérale, il devient alors possible d’éradiquer le fléau de la guerre pour y substituer une paix durable entre nations.

5Notre article va s’appuyer sur l’approche libérale pour analyser notre phénomène d’étude. Cette approche postule que les États sont les principaux acteurs dans un système mondial sans autorité centrale, mais qu'ils peuvent néanmoins collaborer grâce aux institutions internationales. Autrement dit, les États sont considérés comme les principaux acteurs parce qu'ils possèdent la souveraineté, ce qui leur confère le pouvoir de prendre des décisions indépendantes et d'agir sur la scène internationale. En effet, contrairement au réalisme, qui met l'accent sur la compétition et le conflit dans un système anarchique, le libéralisme soutient que la coopération est non seulement possible mais aussi souhaitable. Les États peuvent travailler ensemble pour atteindre des objectifs communs (Charles-Philippe David et Afef Benessaieh, 1997).

Présentation de l’Alliance des États du Sahel

6Avant l'établissement de l'Alliance des États du Sahel (AES), il convient de souligner que ces trois États ont une histoire de coopération au sein d'organisations régionales visant à mutualiser les efforts pour aborder des problèmes communs dans le domaine économique, politique et sécuritaire. Parmi ces instances, il est pertinent de mentionner l'Autorité du Liptako-Gourma, une institution fondée le 3 décembre 1970. Au fil des années, d'autres organisations ont vu le jour, dont le G5 Sahel, une coalition regroupant cinq pays, dont les trois États à l'origine de l'Alliance. Le G5 Sahel, comme le souligne Sonia Le Gourielle, a été créé à Nouakchott en février 2014, lors d'un sommet des chefs d'État de la Mauritanie, du Mali, du Burkina Faso, du Niger et du Tchad. Sa convention a été adoptée et signée en décembre 2014 lors du sommet suivant, toujours dans la capitale mauritanienne, (Nicolas Desgrais, 2018). L'objectif de cette organisation était de mettre fin aux conflits qui perduraient dans la région, une région de l'Afrique qui, après la guerre froide, était plus associée que toute autre partie du globe aux conflits et à l'insécurité. Une région de l’Afrique, longtemps frappée par ce fléau, pour répondre à cette expression de Sonia Le Gourielle lorsqu’elle disait : « Plus que n’importe quelle autre partie du globe, après la guerre froide, le continent africain a été associé aux conflits et à l’insécurité » (Sonia Le Gourielle, 2016).

7Néanmoins, il convient de noter que l'Alliance des États du Sahel est une initiative très récente, ayant vu le jour en 2023. Au sein de cette section, nous entreprendrons une brève analyse des circonstances entourant l'établissement de cette alliance entre les trois États, ainsi que des obstacles qui pourraient se présenter. Nous aborderons ces questions en deux volets distincts : tout d'abord, en explorant le contexte et l'objectif de la création de l'alliance (1.1), puis en nous penchant sur les défis auxquels elle pourrait être confrontée (1.2).

Contexte et objet de la création de l’Alliance : Entre enjeux Securitate et nécessité de coopération régionale sécuritaire

8Le 20 octobre 2001, Jean-François Daguzan évoquait le souvenir des dirigeants des nations les plus influentes de la planète, à savoir la Russie, la Chine et les États-Unis, vêtus de chemises traditionnelles chinoises lors du sommet de la Coopération économique pour l'Asie-Pacifique (APEC) à Shanghai (Daguzan, 2008). Ce choix vestimentaire était emblématique de l'alliance entre les puissances mondiales dans la lutte contre le terrorisme, soulignant l'importance de créer une coalition entre plusieurs puissances pour faire face aux problèmes d'insécurité. Cette observation nous amène à nous interroger sur la raison pour laquelle ces États ont formé une telle alliance et sur l'objectif sous-jacent de celle-ci.

9Premièrement, il est crucial de comprendre que l'émergence de l'Alliance des États du Sahel (AES) s'est produite dans un contexte de crise sécuritaire sans précédent. En effet, depuis de nombreuses années, le Burkina Faso, le Mali et le Niger font face à une crise de sécurité aiguë, marquée par des violences récurrentes ayant eu des conséquences humaines dramatiques et forçant des milliers de personnes (hommes, femmes et enfants) à fuir leur domicile. Ainsi, Evariste Somda (2019) affirmait ainsi que : « ces pays subissent des attaques terroristes compromettant l'intégrité de leurs territoires ». En raison de cette insécurité, plus de 13,4 millions de personnes ont eu besoin d'une assistance humanitaire dans ces trois pays au cours de l'année 2020, comme le souligne Ibrahim Maiga (2021). En mars 2024, la région du Sahel et de l'Afrique de l'Ouest (y compris le Cameroun) comptait environ 2,4 millions de réfugiés et de demandeurs d'asile, principalement au Tchad (116 000), au Cameroun (48 000), et au Niger (3 000). En outre, plus de 8 millions de personnes déplacées internes (PDI) étaient réparties principalement au Nigeria (3,4 millions), au Burkina Faso (2 millions), au Cameroun (1,1 million), ainsi qu'au Mali, au Niger et au Tchad. Ces chiffres illustrent les ravages causés par cette situation d'insécurité. En effet, partout, ces enjeux sécuritaires continuent de miner la vie de millions de personnes dans ces trois pays. Certains chercheurs attribuent cette situation non seulement à l'activité des groupes djihadistes dans la région, mais aussi à l'effondrement de ces États. Pour reprendre les mots d'Ambroise Tournyol du Clos, les groupes djihadistes du Liptako se nourrissent des mêmes trafics et du même ressentiment ethnique, politique, social et religieux, qui trouvent leur origine dans la défaillance des États2.

10Deuxièmement, les défis sécuritaires auxquels ces pays sont confrontés sont profondément enracinés et multifactoriels. Les sources de ces troubles incluent des groupes armés terroristes, des conflits intercommunautaires, des luttes pour les ressources naturelles et des facteurs socio-économiques tels que la pauvreté et le chômage. Une situation qui va faire en sorte que cette zone devienne une préoccupation majeure pour la communauté internationale, en raison des implications régionales et mondiales de cette crise. Les attaques terroristes ont accru les menaces pour la stabilité, non seulement au niveau local, mais aussi au niveau régional et international. Les groupes terroristes se sont adaptés à l'environnement sahélien et ont cherché à étendre leur influence.

11Cependant, face à cette situation, l'idée d'une coopération régionale en matière de sécurité s'est imposée à ces trois pays ayant des frontières communes. Comme l'écrit Isabelle Beaulieu (1995) concernant les pays de l'Asie-Pacifique, « pour gérer leurs relations extérieures et repenser leur sécurité, les dirigeants de la région envisagent de plus en plus la solution de la coopération multilatérale ». Stéphanie Martel (2014) ajoute que « une vision fort similaire a favorisé la mise en place de la coopération sur la sécurité entre dix États toujours officiellement antagonistes au plan idéologique mais confrontés à un environnement sécuritaire de plus en plus complexe ». Autrement dit, c’est l'environnement sécuritaire complexe de cette zone qui a poussé ces États à mettre en place cette alliance. Ainsi, c'est dans ce contexte que naît l'Alliance des États du Sahel. Comme l'explique un membre des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) au Niger, la coopération régionale devient essentielle pour contrer efficacement les menaces terroristes et sécuritaires. Cette alliance vise non seulement à coordonner les efforts militaires et sécuritaires des États membres, mais aussi à mobiliser des ressources et à partager des renseignements cruciaux.

12La coopération régionale en matière de sécurité est donc perçue comme une nécessité impérieuse pour répondre aux défis sécuritaires qui secouent la région du Liptako-Gourma. L'Alliance des États du Sahel incarne cette volonté de collaboration, en mettant de côté les intérêts nationaux étroits pour trouver des solutions communes et durables face aux menaces transfrontalières. C’est dans ce contexte qu’intervient la création de l'Alliance des États du Sahel. Autrement dit, le climat d'insécurité généralisée qui s'est installé dans ces trois pays leur a fait réaliser leur communauté de destin et la nécessité de fédérer leurs moyens de lutte contre le terrorisme. La multiplication des attaques terroristes dans ces nations a entraîné de graves conséquences humaines, des pertes en vies humaines considérables, et des milliers de personnes ont été contraintes de quitter leurs foyers, cherchant refuge dans d'autres régions ou dans des pays voisins. Ce climat d'insécurité a également eu un impact significatif sur la stabilité politique, économique et sociale de la région. Les infrastructures de base ont été endommagées, les investissements étrangers ont chuté et les populations ont vu leurs moyens de subsistance menacés. Tout ceci constitue un réel défi de gouvernance pour les États de l’AES.

13De nombreux auteurs et analystes ont étudié en profondeur cette situation. Par exemple, Keita et al. (2018) soulignent la complexité de la situation et identifient les multiples facteurs qui alimentent cette instabilité. Ils évoquent également l'importance d'une réponse coordonnée de la part des États de la région. L’optique de mener une lutte d’ensemble est le principe de base de l’alliance. Comme nous explique ce chercheur du domaine de la sécurité à ce titre :

« L’Alliance des États du Sahel a été créée à cause des enjeux sécuritaires de la zone du Liptako-Gourma. Elle vise à une coopération régionale de sécurité de cette zone.  L’objectif de ces États, c’est de travailler ensemble pour la même cause » (Entretien réalisé le 11/05/2024).

14Lorsque nous poussons notre analyse, ce dire nous renvoie à la vision de l’approche libérale, selon laquelle les États peuvent travailler ensemble pour atteindre des objectifs communs. Ainsi, la mise en place de l'Alliance des États du Sahel découle de la nécessité de développer une réponse collective et cohérente face à toutes les formes de menace, tant internes qu'externes, pesant sur les pays membres. Elle vise à renforcer la capacité des États membres à faire face aux menaces à leur souveraineté et à la sécurité de leurs populations. L'objet premier de l'Alliance est de contribuer à la résolution de la crise sécuritaire qui affecte ces pays et de promouvoir la stabilité et la paix dans la région. Comme l'explique Jabir Toure (2024), l'Alliance des États du Sahel est née de la nécessité de répondre à des défis cruciaux dans ces pays en proie à des tensions sécuritaires persistantes. Ces États ont uni leurs efforts pour créer une plateforme de coopération multilatérale visant à améliorer la sécurité régionale, à promouvoir le développement socio-économique et à lutter contre les effets néfastes du changement climatique. En d'autres termes, cette initiative a été mise en place pour relever les défis sécuritaires et autres enjeux auxquels ils font face. Ces éléments seront abordés dans la deuxième partie de ce document.

L’Alliance du Sahel : Une diversité de défis à surmonter

15Comme nous l’avons vu, l'Alliance des États du Sahel (AES) est une initiative prometteuse visant à renforcer la coopération régionale et à relever les multiples défis auxquels sont confrontés le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Ainsi, pour que cette alliance soit couronnée de succès, il est important de prendre en compte les défis majeurs qu'elle devra surmonter et aussi d’éviter les lacunes passées des organisations précédentes. En effet, plusieurs acteurs interrogés soulignent que pour que cette alliance fonctionne efficacement, elle doit faire face à une multitude de défis. À cet égard, un chercheur qui travaille sur les questions de sécurité explique à ces termes :

« Pour remplir sa mission, l’Alliance des États du Sahel doit surmonter plusieurs défis, notamment d’ordre sécuritaire, car la zone est en proie au terrorisme des groupes EIGS et JNIM, à la criminalité organisée et aux conflits intercommunautaires. Un autre défi réside dans le besoin de renforcer les capacités militaires et la coordination entre les États membres (matériel de guerre, moyens logistiques, renseignements) pour faire face aux menaces terroristes et aux crimes organisés au Sahel. Il est également crucial d’obtenir un financement pérenne pour assurer la pérennité de l’organisation. Les États membres de l’alliance doivent mutualiser leurs ressources afin de renforcer les capacités financières de l’alliance à long terme. L’article 10 de la charte de l’Alliance des États du Sahel, datée du 16 septembre 2023, stipule que 'le financement de l’alliance est assuré par les contributions des États parties » (Entretien réalisé le 19/05/2024)

Un chercheur dans le domaine de la sécurité explique aussi :

« Il y a également des enjeux de gouvernance et de droits de l'homme. Ces États doivent mettre l’accent sur les questions économiques et de développement. Enfin, ils doivent créer une cohésion au sein de leur alliance » (Entretien réalise le 24/05/2024)

16Ces défis mentionnés par ces acteurs de la sécurité sont indéniables, car cette région du de l’Afrique de l’Ouest continue de faire face à une insécurité dont la complexité exige de l’alliance plus d’ingéniosité dans la coordination des actions concertées Sur la base de ces observations, cinq défis principaux peuvent être identifiés :

  • Défis sécuritaires persistants : La crise sécuritaire est le défi le plus urgent pour l'AES. Les groupes terroristes, les milices armées et les conflits intercommunautaires continuent de déstabiliser la région. Les pays membres de l'alliance subissent des attaques fréquentes, affectant la sécurité des populations et entravant le développement économique. Cette problématique sécuritaire a été soulignée par Johnnie Carson (2010) :

« Aujourd’hui, nous sommes confrontés à de nombreux défis sécuritaires en Afrique, et nous risquons de tomber dans les mêmes travers que par le passé si nous ne tenons pas compte des situations politiques et économiques de ces pays. Je crois que la maîtrise des conflits armés, du terrorisme, du trafic d’armes, du trafic de drogues et d’êtres humains ne peut être réalisée qu’au travers d’une collaboration avec nos partenaires africains ».

  • Problèmes de coordination et de financement : L'efficacité de l'AES dépendra largement de sa capacité à coordonner les efforts des trois pays membres. La coordination des ressources humaines, financières et matérielles est essentielle pour mener à bien les missions de sécurité. En effet, le financement est aussi un autre défi majeur. Les pays membres, déjà confrontés à des contraintes budgétaires, devront mobiliser des ressources pour soutenir les activités de l'alliance. Cette problématique est analysée par Rodrigue Nana NGASSAM (2015), lorsqu’il disait :

« La mise en place des différents organismes africains chargés de la lutte contre le terrorisme se heurte à des problèmes de coordination, notamment des difficultés pour appliquer les mesures décidées, des chevauchements, un manque de ressources financières, et des problèmes d’ordre structurel et politique ».

  • Gouvernance et droits de l'homme : La promotion de la bonne gouvernance et du respect des droits de l'homme est cruciale pour l'AES. Les gouvernements de la région sahélienne sont souvent critiqués pour leur manque de transparence et les abus perpétrés par leurs forces de sécurité. Pour gagner la confiance des populations, l'alliance doit veiller à ce que ses opérations se déroulent dans le respect des normes internationales des droits de l'homme. Car Remy Bernard Ngombe (2020) disait : « […] et la protection des droits de l’homme est inscrite au cœur des objectifs de l’Union qui entend, aux termes de l’article 3, alinéa h, de l’acte constitutif.

  • Défis économiques et développementaux : Ces trois pays sont confrontés à des défis économiques majeurs, notamment la pauvreté, le chômage des jeunes et le sous-développement. L'AES doit non seulement lutter contre l'insécurité, mais aussi s'attaquer aux causes profondes de la crise, en promouvant le développement durable et en améliorant les conditions de vie des populations.

  • Impératif de cohésion et de durabilité : L’unité et la durabilité de l'Alliance des États du Sahel (AES) sont essentielles pour sa réussite. Les différences politiques et culturelles entre les trois pays membres pourraient potentiellement compromettre la cohésion de l'alliance. Par conséquent, la gestion des conflits internes et des désaccords représente un défi majeur. L'AES doit s'efforcer de maintenir sa pertinence et sa solidarité au fil du temps. En s'inspirant de la vision de Bogdan Klich (2009), qui affirmait que l’alliance peut défendre ses valeurs fondamentales tout en s’adaptant aux défis de l’environnement de sécurité actuel, il est clair que l'AES doit naviguer dans ces complexités avec prudence. Pour l'AES, le plus grand défi demeure la crise sécuritaire actuelle qui affecte des milliers de personnes dans cette région. Cette question d’insécurité mine la vie quotidienne des populations et nécessite une réponse concertée et durable pour stabiliser la zone.

17Ainsi, bien que d'autres défis existent, ces cinq constituent les principaux obstacles auxquels l'Alliance des États du Sahel doit faire face. Surmonter ces défis nécessitera un engagement continu des pays membres, le soutien des partenaires, et des efforts concertés pour élaborer des stratégies efficaces et durables.

AES, une souveraineté dans la lutte contre l’insécurité au Sahel

18Bien que de nombreux pays aient obtenu leur indépendance depuis les années 1960, dans la pratique, il est évident que pour bon nombre d'entre eux, la souveraineté demeure une notion théorique. Dans cette section, nous aborderons deux éléments essentiels. Le premier aspect concerne la mise en place d'une architecture de défense collective et d'assistance par les trois États (2.1). Le deuxième aspect porte sur la reconfiguration militaire (2.2) et son influence sur la souveraineté régionale dans la lutte contre l'insécurité au Sahel.

L’objectif de l’alliance : Un cadre de défense collective et d’assistance mutuelle

19Il est indéniable que la lutte contre l'insécurité est le moteur de l'initiative prise par ces trois pays de la mise en place de l’Alliance pour le Sahel. Toutefois, l’ambition de l’AES va bien au-delà de la simple réponse à l'insécurité. Le chef de la junte malienne, Assimi Goita, a exprimé clairement cette vision en affirmant que l'objectif de cette alliance est d'établir « une architecture de défense collective et d'assistance mutuelle »3. Cette idée de défense collective trouve sa justification dans le contexte régional, notamment en ce qui concerne la position de l'Union africaine. Depuis le coup d'État au Niger le 26 juillet, cette organisation ouest-africaine a fréquemment brandi la menace d'une intervention armée et a imposé des sanctions économiques sévères à ce pays. Comme l'expliquent Ilo Allaye DIALL et Aly TOUNKARA (2024) en ces termes : « Lorsque l’instance avait envisagé une intervention militaire au Niger à la suite du coup d’État de juillet 2023, l’organisation de la CDEAO avait infligé à ce pays toute une gamme de sanctions, allant de la coupure de l’électricité au gel des avoirs, en passant par l’hypothèse d’une intervention militaire ».

20Partant de cette idée, ces trois pays ont opté pour une politique de défense collective. En d'autres termes, si l'un d'entre eux est attaqué, tous répondront ensemble. Il convient de noter que cette affirmation du Chef d’Etat malien nous renvoie à la notion de sécurité collective. Selon Jean-Michel Guieu (2000), « la sécurité collective ne repose plus sur l’équilibre des forces, mais plutôt sur le déséquilibre des forces, celles rassemblées par l’ensemble des membres de la Société des Nations contre celles de l’agresseur potentiel. Tout acte d’agression contre un membre équivaut à une agression contre les autres ». Cette vision souligne que la sécurité collective dépend de l'union et de la coopération des États membres pour dissuader et répondre aux agressions, plutôt que d'un simple équilibre militaire entre nations.

21Cette idée a été soigneusement réfléchie au point qu'elle a été intégrée dans l'article 6 de la charte de l'Alliance. Cet article stipule que "toute atteinte à la souveraineté et à l'intégrité du territoire d'une ou plusieurs parties contractantes sera considérée comme une agression contre les autres parties et engagera un devoir d'assistance et de secours de toutes les parties, de manière individuelle ou collective, y compris l'emploi de la force armée pour rétablir et assurer la sécurité au sein de l'espace couvert par l'Alliance4. Ainsi, une majorité des enquêtés affirment que l’idée de mettre en place l'AES est également née du fait que la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) envisageait des actions contre les autorités militaires nigériennes, à la suite du coup d’État du 26 juillet 2024. Un chercheur précis que :

« L’Alliance des États du Sahel a été créée le 16 septembre 2023 à Bamako par la charte du Liptako-Gourma et a pour objectif d’établir une architecture de défense collective et d’assistance mutuelle entre les trois pays. Elle vise à contrer toutes les menaces de rébellion armée ou d’agression extérieure contre l’un des États membres» (Entretien réalisé le 19/05/2024)

22Ainsi, cette initiative a vu le jour dans le but de maintenir une solidarité entre les pays membres de l'Alliance. Elle vise à contrer toute agression contre l'un de ses membres, notamment le Niger, un État qui est entré en guerre en raison d'une agression provenant d'une entité dont il fait partie. Ce regroupement offre la possibilité aux autorités militaires des trois pays membres (Burkina Faso, Mali et Niger) d'intervenir en cas d'agression, en élaborant une stratégie militaire conjointe, mobilisant des ressources humaines et matérielles pour faire face à toute atteinte à la souveraineté, dans le cadre de la défense collective. Cependant, il convient de se demander si ces trois États disposent des moyens suffisants pour fournir une assistance efficace en cas d'agression extérieure ? Compte tenu des 13 années de guerre depuis la crise malienne de 2012 jusqu'à aujourd'hui, des difficultés économiques auxquelles ces États sont confrontés et des revendications des populations locales exigeant une amélioration des conditions de vie, la mise en œuvre de la règle de défense collective serait complexe.

23Par ailleurs, les nouveaux accords de coopération militaire conclus par les autorités burkinabè et maliennes avec la Russie pourraient, renforcer la capacité de ces États à agir efficacement contre les défis sécuritaires. Axel Augé (2006) souligne que la défense collective est le fruit d'un traité par lequel deux ou plusieurs États s'engagent à se prêter assistance, à la fois militairement et diplomatiquement, en cas d'attaque extérieure5.

Vers une Nouvelle Ère de la recomposition des accords de coopération militaire : Entre les Etats de l’Alliance (AES) et leur partenaire

24Les trois pays de l’AES continuent d’être le théâtre de défis sécuritaires majeurs, résultant de la présence de groupes armés terroristes et de réseaux criminels transnationaux. La montée en puissance de ces acteurs a considérablement perturbé la stabilité régionale et a créé un climat d'insécurité préoccupant. La situation actuelle fait de cette zone la plus instable du Sahel. Ce phénomène est bien expliqué par un rapport de Crisis Group :

« Ces dernières années, la région du Sahel central (Mali, Burkina Faso et Niger) est devenue l’épicentre d’une zone d’insécurité mêlant repli des États sur les espaces urbains et multiplication des groupes armés, dont certains se revendiquent du jihad, dans les zones rurales 6 »

25Delors, la situation humanitaire dans cette zone est devenue très alarmante, en grande partie en raison de la combinaison de la sécheresse, de l'insécurité alimentaire et des déplacements massifs de populations. Selon une étude récente menée par Aïcha Touré (2022), et publiée dans « L'Économie du Sahel : Défis et Perspectives » « la crise humanitaire affecte des millions de personnes, fragilisant davantage la situation économique déjà précaire de la région ».

26Face à ce contexte marqué par une instabilité sécuritaire croissante, les États sont appelés à engager une profonde reconfiguration de leur coopération militaire, tant entre eux qu'avec leurs partenaires stratégiques, au regard des limites constatées dans certaines collaborations antérieures. Cette recomposition doit se traduire non seulement par le renforcement de la coopération en matière de défense entre ces trois États, à travers la conclusion d'un accord de coopération militaire, mais également par l'établissement de partenariats plus efficients avec d'autres acteurs internationaux. C'est dans cette perspective qu'un FDS met en évidence cette exigence dans l'extrait d'entretien suivant :

Il s’agit, à travers la création de cette alliance, de renforcer leurs liens de coopération militaire qui existent entre eux et, désormais, de revoir les accords de coopération militaire avec les autres et de rechercher de nouveaux partenaires, tels que la Russie et la Chine, pour les aider en termes de matériel et de soutien militaire » (Entretien réalisé le 11/05/2024).

27Ainsi, en 2021, dans la lutte contre l’insécurité, le Burkina Faso et le Niger ont été obligé de conclure un accord de coopération militaire, leur permettant de multiplier les opérations conjointes sur le terrain de lutte contre les organisations terroristes7. Pour atteindre cet objectif, ces États doivent promouvoir une coopération militaire régionale renforcée et très efficace. Mais, une coopération militaire peut être jugée efficace si elle permet aux acteurs de retirer de leur pratique un gain relatif plus important qu'une action militaire unilatérale, comme l’indique Delphine Deschaux-Dutard (2019). En plus, de se doter d’une approche militaire régionale efficace, il leur faut une approche unifiée visant à coordonner les efforts militaires entre les États membres pour lutter efficacement contre les groupes terroristes selon un chercheur du domaine des stratégies de sécurité au Sahel. Par ailleurs, des structures de commandement conjointes doivent être mises en place pour permettre une meilleure coordination des opérations sur le terrain. De plus, les États membres doivent renforcer leurs mécanismes de partage du renseignement, élément essentiel dans la lutte contre le terrorisme.

28Il est crucial de souligner que cette recomposition de la coopération militaire s’inscrit dans une vision à long terme visant à garantir la sécurité et la stabilité dans la région sahélienne. Cela implique une approche multidimensionnelle intégrant des volets humanitaires et de développement économique. Par ailleurs, cette nouvelle ère de coopération militaire devra également inclure une dimension diplomatique, visant à renforcer les relations avec les partenaires internationaux, tout en affirmant l’autonomie stratégique des États membres de l’AES. Les États du Sahel doivent rechercher des alliances basées sur des intérêts communs et une compréhension mutuelle des défis régionaux. Cette approche permettra de diversifier les sources de soutien militaire et de réduire la dépendance vis-à-vis de partenaires traditionnels.

29En outre, il est indispensable de développer des capacités militaires nationales performantes pour faire face aux menaces de manière autonome. Cela implique des investissements substantiels dans la formation des forces armées, l'acquisition de matériel militaire moderne et la mise en place de structures logistiques efficaces. L’objectif est de créer des armées capables de répondre rapidement et efficacement aux menaces, tout en respectant les droits humains et les normes internationales. Ainsi, la recomposition de la coopération militaire au sein de l'Alliance des États du Sahel représente une réponse stratégique aux défis complexes de la région. Elle doit se faire de manière concertée, en intégrant des dimensions sécuritaires, économiques et humanitaires, et en renforçant les partenariats internationaux. Cette approche globale est essentielle pour restaurer la stabilité et promouvoir le développement durable dans cette région en proie à l'insécurité et à la crise humanitaire.

30Depuis un certain temps, la dynamique de coopération militaire entre ces trois pays a évolué. Ils ont aussi procédé à la dénonciation des accords militaires avec la France et les États-Unis. Le Niger a d’abord dénoncé les accords militaires avec la France ; ensuite, Niamey a procédé à l’annulation de ceux qui la lient aux États-Unis d’un point de vue militaire Comme le souligne un article de VOA Afrique, dans un communiqué lu à la télévision nationale, M. Abdramane précise que :

« la présence militaire américaine est considérée comme "illégale" et "violant toutes les règles constitutionnelles et démocratiques". Niamey affirme que cet accord "injuste" a été "imposé unilatéralement" par les États-Unis, via une "simple note verbale" le 6 juillet 20128 ».

31Néanmoins, les accords de coopération, qu'ils soient avec la France ou les États-Unis, ont initialement été envisagés pour aider les pays africains. Comme l'explique Léonard Colomba-Petteng (2020), les accords de coopération signés par la France lors des indépendances africaines visaient à stabiliser les jeunes régimes décolonisés en les dotant de forces armées nationales efficaces. Danièle Domergue (1988) renforce cette perspective en précisant que la coopération militaire française en Afrique, initiée dans les années 1960, reposait sur un ensemble d'accords de défense et de conventions d'assistance militaire et technique. Ces accords permettaient à la France d'assurer la défense des États africains, de former et d'équiper leurs armées nationales, et d'intervenir sur le terrain si nécessaire. Cependant, ces interventions ont suscité de vives critiques ces dernières années. Il est important de souligner que ces critiques ont été exprimées de manière vigoureuse, notamment à travers de nombreuses manifestations dans les rues des capitales de ces trois pays.

Conclusion

32En conclusion, la création de l'Alliance Sahélienne par les États de la région du Liptako-Gourma représente une avancée significative dans la lutte contre l'insécurité, particulièrement dans la zone des trois frontières. Les objectifs de cette alliance sont multiples : lutter contre les groupes terroristes sévissant dans les trois pays membres, assurer la défense collective, coordonner les efforts sécuritaires et mobiliser les ressources nécessaires. Toutefois, pour que cette alliance soit efficace, elle doit également faire face à des défis considérables, notamment en matière de sécurité, de résolution des problèmes économiques et sociaux qui alimentent l'insécurité.

33Pour que l'Alliance Sahélienne atteigne son plein potentiel, il est impératif que les États membres continuent de renforcer leur coopération, de mobiliser des ressources adéquates et de s'attaquer aux causes profondes de l'insécurité. De plus, l'engagement de la communauté internationale et des organisations régionales est essentiel pour soutenir les efforts de l'Alliance Sahélienne. Il est crucial d'assurer une coordination efficace entre les acteurs nationaux et internationaux pour garantir le succès de cette initiative.

34Recommandations

  • Les États membres de l'Alliance Sahélienne devraient poursuivre leur engagement en faveur de la sécurité régionale et renforcer leur coopération dans la lutte contre l'insécurité ;

  • Les États membres doivent mobiliser des ressources suffisantes pour soutenir les opérations de l'Alliance et répondre aux besoins en matière de développement dans la région ;

  • Les États membres devraient s'attaquer aux causes profondes de l'insécurité, y compris les problèmes économiques, sociaux et politiques, pour assurer la stabilité à long terme ;

  • Un suivi régulier et une évaluation des progrès de l'Alliance Sahélienne devraient être réalisés pour garantir son efficacité et son impact positif sur la sécurité et le développement au Sahel

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Notes

1 Le Monde, « Au Niger, vingt militaires et un civil tués dans une attaque de « terroristes », en ligne : https://www.lemonde.fr/afrique/article/2024/06/25/au-niger-vingt-militaires-et-un-civil-tues-dans-une-attaque-de-terroristes_6243696_3212.h. Publié le 25 juin 2025. Consulté le 15 juillet 2024.

2 Ambroise Tournyol du Clos, « Les conditions géopolitiques du terrorisme dans la zone des trois frontières », en ligne sur : https://www.revueconflits.com/terrorisme-trois-frontieres/. Publié le 29 Juillet 2021. Consulté le 29 Mai 2024.

3 France 24, « Le Mali, le Burkina et le Niger signent une alliance défensive "des États du Sahel » . En ligne : https://www.france24.com. Publié le 17/09/202. Consulté le 07/11/2023.

4 Information disponible sur : https://mjp.univ-perp.fr/constit/sahel2023.htm . Il s’agit de la Charte du Liptako-Gourma instituant l’Alliance des Etats du Sahel entre le Burkina Faso, République du Mali et la République du Niger

6 Crisis Groupe, « Le Sahel Centrale théâtres de nouvelle guerres climatique », Briefing Afrique de Crisis Group N°154 Dakar/Niamey/Bruxelles, 24 avril 2020

7 Juste Mien , « Le Burkina Faso et le Niger signent un accord de coopération dans le domaine militaire . Et souhaitent reprendre la coopération avec le Mali et le Bénin pour une meilleure synergie d’actions ». En ligne sur : https://www.aa.com.tr/fr/afrique/le-burkina-faso-et-le-niger-signent-un-accord-de-coop%C3%A9ration-dans-le-domaine-militaire/2667204. Publié le 23/08/2024. Consulté le 29/05/2024.

8 VOA, « Le Niger rompt sa coopération militaire avec les Etats-Unis », https://www.voaafrique.com/a/le-niger-d%C3%A9nonce-avec-effet-imm%C3%A9diat-l-accord-de-coop%C3%A9ration-militaire-avec-les-etats-unis/7530705.html. Publié le 16/003/2024. Consulté le 29/05/2024.

Pour citer ce document

Boukari AMADOU LIMAN, «La Formation de l’Alliance des États du Sahel dans un contexte d’insécurité», Mu Kara Sani [En ligne], Dossier, N°43-juin 2026, mis � jour le : 28/07/2026, URL : https://mukarasani.com:443/mukarasani/index.php?id=1138.

Quelques mots à propos de :  Boukari AMADOU LIMAN

Doctorant en Science Politique

Université Abdou Moumouni deNiamey – Niger

batouboukaria@gamail.com