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N°42-Spécial
Faible accès aux facteurs de production et de débouche sur le rejet et l’abandon de la production rizicole dans la basse vallée de l’Ouémé
Résumé
Depuis les années 1960, les politiques de promotion de la riziculture au Bénin ont connu diverses évolutions. Cependant, cette filière peine à toujours décoller. De plus en plus, les paysans résistent à l’adoption des pratiques rizicoles dans la basse vallée de l’Ouémé, une région agricole disposant d’un potentiel hydro-agricole propices à cette filière. L’objectif de ce travail est d’analyser les facteurs socio-économiques qui expliquent le rejet et l’abandon des pratiques rizicoles dans la basse vallée de l’Ouémé. De nature qualitative, les techniques de collecte les données ont regroupé la recherche documentaire, l’observation et les entretiens. Soixante-trois informateurs choisis par choix raisonné et de boule de neige ont été interviewés.
Aux termes de cette recherche, il ressort des contraintes d’accès aux facteurs de production. Les paysans évoquent la faible disponibilité et de distribution d’intrants agricoles tout en estimant que leur prix est trop élevé. Par ailleurs, la filière ne bénéficie pas de financement agricole en raison de ses risques. Mieux, le marché d’écoulement de riz paddy n’est pas structuré et le prix d’achat n’est pas profitable. Enfin, il ressort que la riziculture est dévoreuse de temps et manque la main-d’œuvre. Au total, l’inaccessibilité des intrants agricoles, le manque de financement, l’indisponibilité temporelle du paysan, l’inexistence réelle d’un marché d’écoulement, la non maîtrise des techniques culturales sont des facteurs qui expliquent le rejet et l’abandon de la production rizicole dans la basse vallée de l’Ouémé.
Abstract
Since the 1960s, policies promoting rice cultivation in Benin have undergone various changes. However, this sector is still struggling to take off. Farmers in the lower Oueme valley, an agricultural region with hydro-agricultural potential conducive to this sector, are increasingly resistant to adopting rice cultivation practices. The objective of this study is to analyze the socio-economic factors that explain the rejection and abandonment of rice farming practices in the lower Oueme valley. The data collection techniques were qualitative in nature and included documentary research, observation, and interviews. Sixty-three informants were interviewed, selected through a process of reasoned choice and snowball sampling.
The research revealed constraints in access to production factors. Farmers cited the low availability and distribution of agricultural inputs, while considering their price to be too high. Furthermore, the sector does not benefit from agricultural financing due to its risks. In addition, the market for paddy rice is unstructured and the purchase price is not profitable. Finally, it appears that rice farming is time-consuming and lacks labor. Overall, the inaccessibility of agricultural inputs, lack of financing, farmers' lack of time, the virtual absence of a market for their produce, and lack of knowledge of cultivation techniques are factors that explain the rejection and abandonment of rice production in the lower Oueme valley.
Texte intégral
pp. 195-217
Introduction
1Le riz est une céréale bien connue à travers le monde. Cette céréale apparait selon la Stratégie Nationale pour le Développement de la Riziculture (SNDR, 2010, p. 5) comme étant la deuxième la plus cultivée (149.000.000 ha) et la troisième la plus produite (380.000.000 tonnes) dans le monde. Cette source précise que le riz est consommé et exporté dans le monde après le blé et le maïs. Il apparait ainsi comme un aliment hautement stratégique pour le monde entier au point où selon l’Organisation des Nations unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO, 2004, p. 5), l’année 2004 a été déclarée ‘’Année Internationale de Riz’’ par l’Assemblée Générale des Nations Unies pour la deuxième fois après 1966.
2En Afrique, cette céréale a connu une entrée fulgurante notamment par l’intermédiaire des explorateurs et la colonisation. Les différentes étapes que le riz a suivies, ses voies d’entrée et les changements qu’il a connus dans le Sud du Bénin montrent que cette filière a été introduite et diffusée. Dans ce contexte, la riziculture s’insère dans la problématique des innovations agricoles. Une littérature abondante révèle que le riz n’était pas cultivé dans la basse vallée de l’Ouémé.
3Bien que la filière soit devenue une stratégie sur le plan national, elle rencontre beaucoup de difficultés qui entravent son adoption et son décollage dans certaines régions du Bénin. En effet, la basse vallée de l’Ouémé est une région à vocation agricole qui peut développer la production de riz à partir de ses potentialités. Cependant, malgré ses nombreux atouts, cette région ne parvient pas à faire adopter cette filière. Face à cette situation, il est important de s’interroger sur les facteurs de résistances à l’adoption de cette culture.
4En effet, au-delà de la « complexité du processus d’adoption des innovations » (Rogers, 1963 ; Olivier de Sardan, 1995), d’autres travaux mettent en lumières d’autres facteurs de résistance à l’adoption des innovations agricoles. A cet effet, Diagne, (2020) explique les facteurs de résistance à partir des variables sociodémographiques et économiques de l’individu ; CORAF/WECARD (2018) a évoqué les caractéristiques des innovations elles-mêmes ; Hanen, (2007) et Caneva, (2019) ont expliqué le rejet des technologies à partir des aspects techniques puis Ntsama Etoundi et Kamgnia Dia (2008) ont mis l’accent sur les aspects culturels et économiques. Pour Ntsama Etoundi et Kamgnia Dia « les non-adoptants imputent le problème de commercialisation comme un des déterminants de leur rejet » (Op. Cit., p. 14) des semences améliorées. Ce point de vue, nous l’admettons tout en rajoutant que les contraintes d’accès aux facteurs de production sont également des déterminants dans l’abandon et le rejet des innovations agricoles.
5Les constats empiriques mettent en évidence que, dans la basse vallée de l’Ouémé (BVO), de multiples contraintes affectent la production rizicole et, par ricochet, limitent l’adoption de cette culture. En effet, l’accès aux facteurs de production ainsi qu’aux débouchés reste marqué par des conditions singulièrement restrictives pour les paysans. Ils expriment de manière récurrente les difficultés structurelles dont ils font face dans l’accès aux intrants et aux crédits agricoles, lesquels constituent pourtant des éléments essentiels pour l’amélioration de la production et pour supporter le coût de production. Adégbola et al., (2011), estiment que ces contraintes sont les majeures. Ils soulignent aussi « la mauvaise qualité des semences » et « le coût élevé des intrants » sans oublier le « manque d’aménagement des bas-fonds ». Le faible accès aux facteurs de production constitue un frein à l’adoption de la riziculture.
6Par ailleurs, les paysans évoquent l’inexistence du marché d’écoulement du riz localement produit. Le marché de vente du riz dans la basse vallée de l’Ouémé n’a aucune certitude. Ce constat est fait par Bio Bagou et al., (2007) « les circuits de commercialisation du riz de la vallée sont assez courts et la commercialisation n’est pas bien organisée » (Bio Bagou et al., 2007, p. 24). Selon le Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche (MAEP) « les contraintes majeures les plus communément citées et vécues par les producteurs sont : la difficulté d’accès au crédit, l’insuffisance des intrants agricoles, (…), l’inexistence des marchés pour l’écoulement du riz » (2014, p. 35). L’inexistence de marché structuré est un risque que le paysan évite en rejetant ou en abandonnant la riziculture. Cela est d’autant évident que dans un contexte d’incertitude et de non maîtrise de marché, Beaudoux (2009) écrit que « les paysans produisent en priorité des biens destinés à l’autoconsommation familiale » car, ils « savent minimiser les risques des mauvais résultats lorsqu’ils travaillent dans des conditions de trop grande vulnérabilité ».
7L’abandon ou le rejet que nous pourrions traduire par la déprise de la production rizicole chez le paysan montre qu’il a ses raisons aussi bien objectives que subjectives qui orientent son choix et sa décision. Et ses raisons relèvent de la dimension sociale et économique. Pour Darré, (1999, p. 100), « les questions relevant des motivations ou des intérêts individuels » se traduisent généralement sous des angles socialement et économiquement « construites ». Ces faits nous situent d’emblée face à la résistance à l’adoption de la riziculture dans la basse vallée de l’Ouémé qui paraissent « normales » au sens d’Olivier de Sardan (1995, p. 139), puisqu’elles sont explicables et compréhensibles.
8C’est pourquoi le présent article s’interroge sur les facteurs explicatifs de la déprise de la production rizicole dans ce milieu. La question que nous tenterons de répondre à travers cette recherche est : comment le faible accès aux facteurs de production et aux débouchés explique la déprise de la riziculture dans la basse vallée de l’Ouémé ? A travers cette interrogation, nous présumons que le faible accès aux facteurs de production et aux débouchés explique le rejet ou l’abandon de la riziculture. Il s’agit donc d’analyser les contraintes d’accès aux facteurs de production et aux débouchés qui expliquent le rejet ou l’abandon de la riziculture. Les données ayant servi à la rédaction de cet article ont été collectées suivant une approche méthodologique qui se présente comme suit.
Matériels et méthodes
9Cette recherche est essentiellement qualitative, à cet effet, la collecte des données s’est faite suivant les méthodes qualitatives. En effet, l’approche qualitative donne l’avantage d’avoir des informations bien détaillées et précises que les informateurs donnent à leurs conduites et leurs pratiques. L’enquête s’est déroulée dans la commune d’Adjohoun puisque le phénomène d’abandon et de rejet de la production rizicole a été très observable dans cette commune. Les arrondissements couverts par cette enquête sont Azowlissè ; Kodè ; Akpadanou ; Adjohoun ; Dèmè et Gangban. Les résultats obtenus ont été ensuite extrapolés à l’échelle de la basse vallée de l’Ouémé qui couvre géographiquement les communes de Bonou, Adjohoun, Dangbo, Aguégués et Sô-Ava. La figure ci-dessous est la carte de la commune d’Adjohoun montrant les arrondissements parcourus.

10Figure 1 : Délimitation des arrondissements parcourus lors des investigations.
11Pour la collecte des données empiriques, nous avions constitué un échantillon composé de deux groupes cibles. D’une part les producteurs et leurs responsables et d’une part, les agents de développement composés des agents des cellules communales des ATDA, de la Direction Départementale de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche (DDAEP), de la Direction de la Production Végétale (DPV) et des projets. Les responsables administratifs, d’ONGs constituant les personnes ressources ont également été approchés. Pour mieux analyser les discours, nous avons procédé à une typologie des producteurs agricoles rencontrés. Elle est composée des non-adoptants c’est-à-dire ceux qui ne s’intéressent pas à la riziculture ; les abandonneurs c’est-à-dire ceux qui ont abandonné la riziculture après l’avoir cultivé et enfin, les adoptants. Ce sont ceux qui sont toujours dans la riziculture au moment de l’enquête.
12La technique d’échantillonnage par « boule de neige » a été utilisée pour approcher certains paysans alors que les agents de développement ont été approchés par « choix raisonné ». L’enquête exploratoire et l’enquête proprement dit ont conduit aux résultats. Le premier a consisté à faire une recherche documentaire variée à partir d’une grille de lecture dans les centres de documentation et les bibliothèques situés à Calavi, Cotonou et Porto-Novo, puis de mener des entretiens exploratoires avec des acteurs concernés par cette recherche. Cette première phase a permis de collecter les informations qualitatives liées aux facteurs de résistances à l’adoption des innovations agricoles. L’enquête proprement dit a été qualitative. Elle est conduite à partir des entretiens individuels semi-structurels et d’observations directes ayant pour outils respectifs le guide d’entretien et la grille d’observation. Les unités d’observations sont constituées des champs d’exploitations. Les données qualitatives sont constituées des discours/opinions et représentations sociales sur l’accès aux facteurs de production et la problématique d’accès au circuit de commercialisation du riz paddy. Ces données ont permis de comprendre au mieux le sens que les paysans donnent à leurs conduites et à leurs pratiques. Au total, soixante et trois informateurs ont été approchés.
13Le traitement des données a été faite de façon manuelle. Après transcription et catégorisation par thématique, elles ont été soumises à une analyse de contenu. Les résultats obtenus sont analysés dans une perspective théorique du choix rationnel de Boudon (2004) dont la paternité peut être attribuée à M. Weber.
Résultats et discussion
Les résultats obtenus après la collecte des données et d’informations sur le terrain sont présentés sur plusieurs angles.
Représentations sociales sur le « Ogba1 »
14Selon les résultats, chaque producteur dispose d’un lopin de terre pour cultiver et la plupart d’entre eux se proclame héritier. L’accès à la terre repose principalement sur la transmission lignagère inscrivant les paysans sans un ordre social traditionnel. L’héritage est à cet effet le système d’accès le plus répandu. Bien que les bas-fonds appartiennent à l’Etat, dans la basse vallée de l’Ouémé, ils ont des propriétaires. Un informateur affirme :
[Plusieurs paysans sont des héritiers. Il n’y a pas de domaine ici qui soit libre. Il suffit de commencer par faire quelque chose et tu verras le propriétaire sortir. La plupart des paysans, ici font leur champ sur les domaines familiaux et en sont héritiers. Il est rare de voir trois à quatre hectares comme ça car les bas-fonds ont été morcelés en petits morceaux pour partager aux héritiers.] (Z. C., adoptant, 62 ans).
15Toutefois, les investigations révèlent que l’héritage n’est pas l’unique système d’accès à la terre dans le milieu puisque tous les adoptants ne sont pas héritiers. D’où la coexistence de plusieurs systèmes ou modes d’accès à la terre. En effet, il est une minorité d’adoptants à qui les autorités communales ont attribué les bas-fonds mais les cas les plus observables sont plutôt le système d’accès par bail ou par gage surtout chez les allogènes et les chez les femmes. Un responsable départemental des riziculteurs laisse entendre.
[Comme tout producteur de riz, j’ai aussi de bas-fond. Ce que dans toute la vallée de l’Ouémé, la terre est gravement morcelée à cause de l’héritage. Les étrangers et même certains autochtones ont accès à leur bas-fond par bail, gage ou simplement par achat. Mais vrai dire, nous qui sommes dans ces cas-là, nous ne sommes pas aussi nombreux. Par exemple chez moi, j’ai obtenu presque toutes mes rizières par bail] (B. B, adoptant, 53 ans).
16Selon les données, l’accès au bas-fond est facile si on a les moyens financiers dans le cas contraire, il est très difficile d’avoir le bas-fond. A cause de la convoitise de la vallée, aucun cas de don n’a été enregistré et l’emprunt se fait de plus en plus rare.
17Bien que les bas-fonds soient relativement aménagés, ceux-ci ne sont véritablement pas exploités ce qui explique l’abandon voir le rejet de la riziculture.
Problématique des intrants agricoles
Disponibilité et distribution des intrants agricoles
18Les résultats de l’enquête indiquent que les intrants agricoles sont indisponibles en temps plein dans la basse vallée de l’Ouémé. Il y a des périodes de manque dans les boutiques officielles de vente. La gestion de cette filière est détenue par une seule société : SODECO. Le monopole de la filière intrant est perçu par les informateurs de notre corpus comme élément limitant la concurrence comme le fait clairement savoir une adoptante et transformatrice :
[C’est la SODECO seule qui fournit les intrants agricoles. L’Etat n’a pas autorisé d’autres entreprises ou sociétés à s’installer en tout cas pour ce qui concerne la fourniture d’engrais. Ce qui n’ouvre pas les portes à la concurrence. Comme ça, on est obligé de faire avec. C’est pourquoi parfois on nous livre des engrais qui ne sont pas bons. Cette société nous a vendu un engrais dont l’aspect ressemble aux cailloux et cet engrais refuse de dissoudre dans le sol] (T. S., adoptante et transformatrice, 47 ans).
19Ce discours met en lumière les implications sociopolitiques du monopole dans la sphère agricole en ce qui concerne les intrants agricoles. Il se dégage une dépendance et la fragilisation du lien entre producteurs agricoles et institutions. En effet, bien que la vallée soit riche, les producteurs utilisent l’engrais pour fertiliser le sol. Selon les données, le riz est une filière qui nécessite l’apport d’engrais. Or, globalement son accès n’est toujours pas facile pour les paysans. Selon les informateurs de notre corpus, la rupture de l’engrais NPK et l’Urée avait amené le gouvernement à introduire un nouveau type d’engrais [Simple Super Phosphate (SSP)] durant la campagne 2022-2023. Et, ce nouvel engrais selon la majorité des producteurs est assimilable aux cailloux. Pour eux, les vestiges de cet engrais se retrouvent encore sous la terre des exploitations. Selon un informateur,
[Jusqu’à présent, tous les producteurs qui ont utilisés cet engrais ressortent encore cet engrais sous la terre de leurs champs. Les gens ont mis cet engrais dans les champs de maïs et de riz. Il ressemble aux graviers et moi, je retrouve encore les résidus de cet engrais dans mon champ de maïs. J’ai mis ça il y’a longtemps mais Il ne s’est pas dissout] (T. L., abandonneur, 48 ans).
20Pour les raisons de manque ou de rupture d’engrais dans la vallée, les paysans sont obligés de se rendre dans les communes voisines (Sakété, Pobè ou Porto-Novo etc) pour s’approvisionner.
On retient donc que dans la basse vallée de l’Ouémé, l’approvisionnement et l’accès en engrais sont asymétriques ce qui ne facilite pas l’adoption de la riziculture.
21Au-delà de la récurrence des ruptures d’engrais agricoles, les informateurs ont évoqué l’importance de la distance qui les sépare des points de vente. Dans l’ensemble de la basse vallée de l’Ouémé, région pourtant consacrée aux activités agricoles, seuls eux (2) points de vente officiels sont implantés dans les arrondissements centraux de Bonou et d’Adjohoun. Cette configuration insuffisante au regard de l’étendue de cette région et de la dispersion des exploitations ne facilite pas l’accès aux engrais. Cette situation aggrave ainsi la pénibilité de leurs pratiques en créant une double contrainte à la fois physique liée aux déplacements, et financière, du fait des coûts induits. Un autre informateur s’exprime en ces termes :
[(… ) parfois nous manquons d’engrais ici à Adjohoun et nous sommes obligés de nous rendre à Porto-Novo pour acheter. Il m’a été arrivé d’aller jusqu’à Ouando à la Direction de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche (DDAEP) avant de trouver l’engrais. L’engrais était fini dans les boutiques d’Adjohoun, de Missérété et pour le marché, je doute de la qualité. C’est de là que j’ai continué sur Porto-Novo. Nous commandons de l’engrais depuis le plateau à Pobè. Tout ceci fatigue les pauvres paysans que nous sommes.)] (A. A, abandonneur, 43 ans).
22La rupture d’engrais pousse certains producteurs à l’usage des engrais organique qui ne donnent pas les rendements au même titre que les produits issus de l’utilisation des engrais chimiques. L’accès aux engrais suppose le parcourt de longues distances sur des pistes difficilement praticables. Tous ces obstacles structurels contribuent à fragiliser la filière rizicole et conduisent certains producteurs à renoncer à la riziculture.
Perceptions sur le prix des engrais
23Le coût des engrais et leur faible disponibilité sont perçus par les paysans comme des éléments qui démotivent à l’adoption de la riziculture. Les paysans estiment que le prix d’engrais est « trop élevé » comme l’affirme un informateur :
[Le prix des engrais est trop élevé et pour acheter et il faut aller jusqu’à Adjohoun centre d’abord. Entre temps, on achetait l’engrais un peu partout dans les communes et c’était là en grande quantité et bien subventionné. Aujourd’hui, le prix des engrais est tellement élevé et c’est tous les paysans en parlent alors qu’il n’y a pas l’argent. Or les semences améliorées ont besoin d’engrais surtout à partir de la fleuraison pour accroitre le rendement] (K. N., adoptant, 63 ans).
24Certains agents de cellule communale des ATDA partagent les points de vue des paysans dans ce sens. Pour ces derniers, les semences de riz ne sont pas subventionnées. Ils estiment qu’en dehors des engrais, l’Etat doit aussi subventionnée les filets pour réduire les oiseaux granivores.
25Les intrants agricoles représentent un coût important chez les petits exploitants agricoles ayant de ressources financières limitées. Cela contribue à dissuader l’adopter de la riziculture. Les coûts élevés des engrais agricoles et leur faible d’accès découragent les paysans de continuer l’adoption de la riziculture.
26Les propos de cet informateur résument toute la complexité des paysans dans l’accès aux intrants agricoles :
[J’utilise d’engrais chimique NPK et Urée. Mais ils coûtent trop chers actuellement c’est pourquoi nous utilisons les fientes d’animaux. Entre temps, le NPK était à neuf mille franc (9000F) le sac de 50kg mais maintenant c’est à seize mille franc (16000F). Le sac de 50kg et Urée coûte quatorze mille (14000F) le sac de 50kg. Or avant, ces engrais coutaient un peu moins chers. Mieux, pour avoir l’engrais il faut s’assurer que c’est dans la boutique d’abord. Enfin, les engrais qu’on nous vend ne sont pas pour le riz mais on n’a aucun choix. On utilise comme ça. ] (Z. C., adoptant, 62 ans).
Financement rizicole
27Toute activité agricole requière les moyens financiers et la riziculture est une filière qui requière assez de financement. Tous les informateurs sont unanimes pour dire que la riziculture a plus besoin de financement que toute autre céréale. Les résultats indiquent qu’à Adjohoun, il existe des institutions de micro-finances (IMF). Celles rencontrées sont la CLCAM, l’UNACREP, l’ILIDE, le BATHESDA, l’ASF. Elles appuient financièrement les activités agricoles et para agricoles. Pour ce qui concerne la riziculture, il ressort que son financement reste en général difficile voire impossible car celui-ci est basé sur des procédures [complexes ou compliquées] selon un responsable d’IMF. Un adoptant raconte ses expériences en ce qui concerne le financement de la riziculture avec une institution de miro crédit :
[Nous produisons sur fonds propres pour le moment. Nous avons eu les informations sur des financements et de l’accompagnement des riziculteurs mais nous n’avons rien eu. Toutes les tentatives que nous avons faites pour nous rapprocher vers les FNDA, ont été vaines. Pire, ils m’ont demandé de déposer des garantis, ce que je ne peux pas produire puisque c’est trop de choses. Les procédures ne sont pas pour des gens comme moi. J’ai souffert] (A. A., adoptant, 54 ans).
28Les résultats indiquent que les institutions de micro-finances restent très méfiantes dans l’octroi de crédit agricole pour ce qui concerne de la production du riz comme le confirme un responsable d’IMF.
[Notre institution finance les activités agricoles. Les populations bénéficient des prêts si elles remplissent les conditions et sont éligibles. Il y a des maraîchers, des commerçantes etc qui sont satisfaits ici. Mais pour les riziculteurs, il y’a problème. Souvent, la riziculture ne marche pas comme les autres produits. Nous avons faits d’expériences et ça n’a pas donné.] (P. G., 43 ans, responsable IMF).
29De toute évidence, perçue comme une activité agricole à risque, la production du riz peine à trouver de financement. Et puisque, l’adoption de la riziculture implique l’utilisation simultanée d’intrants agricoles et des filets il est donc claire que le rejet ou l’abandon chez eux soit possible.
Perceptions sur la main-d’œuvre rizicole
30La production du riz aux yeux des enquêtés une activité agricole très contraignante, pénible et dépendante de la main d’œuvre. Sur le terrain, trois (3) types de main d’œuvre sont rencontrés. Il s’agit de la main-d’œuvre familiale, les groupes d’entraide et la main-d’œuvre payante. De toutes ces formes de main-d’œuvre, celles permanentes et régulièrement utilisées sont la main-d’œuvre payante et familiale. Selon les résultats d’investigations, la main-d’œuvre familiale devient rare en raison de l’évolution sociale notamment la scolarité et l’apprentissage des enfants, la diversification des sources de revenus, l’exode rural. Il ressort également que la main-d’œuvre payante se fait aussi rare dans le milieu comme le confirme cet adoptant :
[Pour produire le riz, il faut nécessairement les ouvriers agricoles. Seul, on ne peut rien faire. La production du riz est très difficile. C’est une obligation de trouver des gens pour t’aider. Mais la vérité est que, les gens n’ont plus de goût à la culture du riz. C’est pourquoi les ouvriers sont rares et très rares même surtout dans nos localités. Si tu veux vraiment les ouvriers, il faut aller jusqu’à parfois dans le plateau. L’autre chose est que, elle devient de plus en plus coûteuse. ] (F. C., adoptante, 54 ans).
31Ce discours montre que la riziculture se caractérise par une forte dépendance à la main-d’œuvre agricole. Très exigeante en termes de force physique et de temps, l’activité ne peut être menée individuellement. Elle nécessite une mobilisation des forces de production. Cependant, il ressort un désintérêt des populations locales pour la riziculture entrainant la raréfaction de la main-d’œuvre. Cette raréfaction a pour conséquence la hausse de ses coûts traduisant une marchandisation soutenue du travail agricole d’où la fragilisation des économies paysannes. En dehors des contraintes d’accès aux engrais, au crédit agricole et à la main-d’œuvre, les informateurs ont évoqués la non maîtrise des pratiques culturales chez certains paysans. Tous ces éléments expliquent l’abandon et le rejet de la riziculture.
Accès au marché et commercialisation du riz paddy dans la BVO
Les résultats révèlent que l’objectif de la production du riz dans la BVO reste essentiellement la vente comme l’affirme cet adoptant :
[(…) Ici, les gens produisent d’abord pour vendre hein. Le riz est une production commerciale dans la Vallée. Même si nous le consommons, la grande partie de la production est destinée à la commercialisation. Malheureusement, nous avons de problème de marché de riz et donc de vente. Le riz produit manque sérieusement de marché dans l’Ouémé. (…)] (Z. C., adoptant, 62 ans).
Ces propos montrent clairement que dans la basse vallée de l’Ouémé, le riz reste une céréale commerciale. Il faut dire que chez les paysans, le riz n’est pas un aliment de consommation.
32Les résultats montrent que l’accès aux débouchés et à la commercialisation du riz paddy dans l’Ouémé reste peu structuré. En effet, la majorité des informateurs sont unanimes pour dire que le marché de riz n'est pas organisé dans la basse vallée de l’Ouémé. Selon un paysan non adoptant,
[(...) Dans la vallée de l'Ouémé, il n y a pas une organisation réelle pour la vente du riz. Les paysans se peinent pour produire dans le but de commercialiser cependant, on manque de marché de vente. C'est pourquoi chaque paysan se démerde pour vendre sa production. Si le paysan fait tout ça et il n'arrive pas à vendre sa production parce que le marché n'est pas organisé, il se décourage.] (G. A, non adoptant 63 ans).
33Les données révèlent que la vente de riz paddy se fait de façon individuelle ou groupée. Quel que soit le type de vente, l’achat fait par les unités locales de transformation c’est-à-dire l’achat des locaux n’avantage pas les producteurs comme le soutien un agent de la Cellule Communale des ATDA :
[Le prix de vente dans nos marchés locaux n’avantage pas les producteurs de riz. L’activité de riz reste tout de même une activité très pénible. Puisque le prix de vente surtout s’il s’agit des acheteurs locaux, n’arrange pas, ils sont obligés parfois de brader leur production. Ce qui décourage beaucoup et ils finissent par abandonner la production.] (O. W., agent de développement, 42 ans)
34Ces propos démontrent que le manque à gagner chez les paysans engendre une déception qui conduit certainement à l’abandon. Tous les informateurs estiment que l’achat des Nigérians soulage un tout petit peu les paysans. En effet, si on admet que le paysan produit le riz dans l’intention de le vendre, il faut aussi admettre que ce soit légitime ou normal qu’il l’abandonne en absence de circuit d’écoulement.
Contraintes temporelles dans la riziculture
35Par-delà tous les facteurs évoqués ci-dessus qui expliquent l’abandon et le rejet de la riziculture, les résultats mettent en lumière la disponibilité réelle du paysan à adopter la riziculture. Il ressort très clairement que l’activité rizicole exige la disponibilité réelle du paysan donc avant de s’y adonner, il faut avoir le temps. La culture des semences améliorées de riz sont très exigeante en termes de soins, d’entretiens et de suivi. Selon un informateur :
[(…) si tu es producteur de riz, tu n’as pas de temps. Tu dois être prêt à passer beaucoup de temps au champ. Un riziculteur doit être le premier à se rendre au champ et le dernier à rentrer. Si quelqu’un veut faire le riz et n’a vraiment pas du tout de temps, ce qui est bon c’est de ne pas essayer. Pour les semenciers, n’en parlons même pas.)] (M. B., adoptant, 43 ans).
Un non adoptant nous fait clairement comprendre :
[(…) C’est justement à cause du temps que j’ai jamais fait le riz. Lorsque les amis se sont jetés là-dedans, je voyais comment l’activité les prenait tout leur temps. Avec les autres cultures, ce n’est pas tout comme ça hein. Lorsqu’ils repiquent les plants de riz comme ça, ils n’ont plus de temps. A la fleuraison, c’est le comble aussi. Il faut avoir les moyens ou avoir de temps pour organiser la chasse aviaire.] (B. L., non-adoptant, 58 ans).
36En parlant toujours de la disponibilité du paysan, un chargé de l’information du groupement Enafa, secrétaire de l’union communale des producteurs tient ses propos :
[Je connais des paysans qui ne veulent pas perdre leurs temps dans les champs. Vous voyez, les cultures comme le manioc, le maïs ne sont pas tellement exigeantes comme le riz. De mon expérience, c’est le riz qui demande plus de temps. Je ne connais pas toutes les variétés mais la variété IR841 a besoin d’entretien et de suivi. Si vous avez un champ de riz et vous manquez le suivi, les oiseaux et les ravageurs vont détruire votre champ.] (C. H., adoptant, 35 ans).
37A la lumière de ce discours, il ressort une hiérarchisation des spéculations en fonction de leur intensité de travail et de leur exigence. Contrairement au maïs ou au manioc, considérés généralement comme des cultures « tolérantes » et moins contraignantes, le riz apparaît comme une spéculation principalement exigeante, qui nécessité un suivi régulier et une mobilisation continue de la main-d’œuvre. Ce qui traduit une rationalité fondée sur l’évaluation du rapport entre l’investissement en temps et en énergie dans les pratiques agricoles. L’absence de suivi entraine la destruction de la récolte ce qui accentue la perception du riz comme une culture risquée et chronophage. Ce qui contribue à expliquer le désengagement progressif de certains paysans qui s’orientent vers des spéculations moins contraignantes et plus sécurisées. On en déduit que l’adoption de la riziculture dans la BVO ne dépend pas seulement de considérations économiques mais s’inscrivent dans un système de représentations, de valeur et de stratégies de minimisation des risques.
38Toutes les contraintes issues des résultats de terrain restent essentiellement le vécu quotidien des paysans et apparaissent comme des déterminants qui expliquent le rejet et l’abandon de la riziculture dans la basse vallée de l’Ouémé.
Discussion
39Les résultats obtenus montrent que le non accès ou le faible accès des facteurs de production engendre l’abandon ou le rejet des semences de riz dans la basse vallée de l’Ouéme. Ces facteurs de production dans cette recherche sont : la terre, les intrants agricoles, le crédit et la main d’œuvre.
40Selon les résultats, la terre (bas-fond) n’est pas facilement accessible aux paysans. Pour avoir le bas-fond, il faut avoir les moyens financiers. Cette situation est remarquée au niveau des intrants agricoles et pire même. En effet, bien que les engrais participent au renforcement des sols et assurent l’augmentation du rendement, ils restent globalement insuffisants et parfois ceux fournis sont de mauvaise qualité à l’image de l’engrais dénommé SPP et non adaptés au riz. Pour MAEP (2014, p. 37), « dehors de la filière coton dans laquelle la distribution est organisée, l’approvisionnement en intrants pour les autres spéculations n’est pas aisé » selon la même source, « la plupart sont des produits chimiques importés et dont l’utilisation n’est pas totalement entrée dans les habitudes à cause de leur coût. C’est le complexe engrais coton et l’urée qui sont utilisés sur le riz ».
41Par ailleurs, la riziculture reste « une fille pauvre » en financement dans le secteur agricole puisque cette activité est qualifiée par les institutions financières d’incertaine. Ce qui freine le développement de la filière. Selon les résultats, les paysans ont évoqués les difficultés liées à la main d’œuvre. Celle-ci est de plus en plus rare et coûteux. Ces résultats sont conforment à ceux trouvés par Mendy (2018, p. 145) : « la problématique de la riziculture en Basse-Casamance est essentiellement liée au manque de main-d’œuvre, lui-même causé par un taux de scolarisation élevé ». Les résultats révèlent également la mévente du riz paddy qui constitue d’ailleurs la contrainte majeure expliquant le rejet de la riziculture. MAEP (2011, p. 15) confirme que « les circuits de commercialisation sont pour l’essentiel encore peu structurés et restent dominés par l’informel, avec une intégration insuffisante au marché sous régional ». De toute les façons, « l’analyse des informations sur la commercialisation du riz montre d’énormes difficultés dans l’écoulement de riz localement produit » (MAEP, 2014, p. 52). Le problème d’accès au marché et de l’écoulement de riz semble se poser avec acuité et ceci est la résultante d’une faible organisation du marché. Au Cameroun, à Obala et Ayos, Ntsama Etoundi (2007) cité par Ntsama Etoundi et B.Kamgnia Dia, (2008, p. 13, 14), ont bien démontré sans ambages que la baisse des adoptants de la variété améliorée « CMS 8704 » à partir de l’année 2005 s’explique par « le problème de la commercialisation du produit ». « La commercialisation constituerait donc un goulot d’étranglement à l’adoption de la semence améliorée ». Selon les investigations, le manque de marché ou les difficultés d’écoulement ont conduit à l’abandon de la riziculture. Le faible accès au marché d’écoulement reste un défi significatif qui freine l’adoption de la riziculture chez les petits producteurs dans la basse vallée de l’Ouémé. Le paysan, dans le souci de s’engager ou non dans la production du riz va s’interroger selon Soumahoro (2013), sur la « faisabilité, la rentabilité, l’avantage coût mais aussi sur le ratio temps/disponibilité, le ratio travail/coût, le ratio travail/effort, etc ». Cette déclaration correspond parfaitement aux réalités des paysans de la BVO. La présence, l’absence ou l’insuffisance de ces paramètres jouent un rôle important dans le choix décisionnel du paysan.
Conclusion
42Aux termes de cette recherche et à la lumière des analyses faites, il convient de conclure que la production du riz est influencée par quelques facteurs qui vont de la disponibilité de la main-d’œuvre à l’accès au circuit de commercialisation du riz local. L’absence d’un élément engendre le rejet ou l’abandon des semences. L’accès de ces facteurs de production va très probablement améliorée l’adoption des semences améliorées dans la commune. En revanche, il est clair que l’accès au circuit de commercialisation du riz à travers l’organisation du marché peut inciter à l’adoption des semences améliorées. La vente informelle groupée ou individuelle n’a aucune garantie aux yeux des paysans. Cette recherche nous a permis de comprendre du point de vue du paysan, les facteurs qui expliquent l’abandon ou le rejet de la riziculture dans la basse vallée de l’Ouémé. Le paysan adopte cette attitude parce qu’elle fait sens pour lui, en d’autres termes, la cause principale de cette attitude réside dans les raisons qu’il a de les adopter. Dès lors, créer les conditions propices à l’exploitation de l’immense potentiel de la vallée de l’Ouémé à Adjohoun constitue un réel défi pour l’avenir surtout dans un contexte où l’agriculture est la principale activité de la population. A cet effet, les mesures pour atténuer la souffrance des paysans doivent être prises à la lumière de toutes ces contraintes pour aller vers une autosuffisance alimentaire en cette céréale et améliorer les conditions de vie des paysans.
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Notes
1 Le Ogba en langue Fongbé au Sud du Bénin désigne le bas-fond. Dans la basse vallée de l’Ouémé, la riziculture se fait dans le bas-fond