Mu Kara Sani
Description de votre site

N°42-Spécial

Hama SALEY MOUMOUNI

La survivance du patrimoine collectif au Niger : de la préservation, valorisation à la transmission

Article

Résumé

Le patrimoine est un bien commun et une source de fierté d’un peuple. C’est une expression des idées d’une communauté qui repose sur des éléments qui nécessitent des projets de préservation, valorisation et de transmission. Au Niger, le patrimoine culturel tant matériel qu’immatériel est méconnu du grand public. Issa Korombeyze, Alpha Chaibou et Oumarou Karma, ces trois figures guerrières qui ont marqués l’histoire du pays à la fin du XIXe siècle ne sont pas connus du point de vie patrimonial. Mieux, les sites historiques et/ou les lieux de mémoires sont qui leur sont attribués sont peu ou mal connus. La valorisation et la connaissance historique de ces personnages contribuent ainsi à la reconstruction d’une identité commune et renforce du lien social. L’objectif de cette étude consiste à identifier, localiser et adopter une politique patrimoniale sur les sites et lieux de mémoires dédiés à ces derniers. Elle explore également des stratégies de préservation, et de transmission des valeurs traditionnelles.

Abstract

Heritage is a shared asset and a source of pride for a people. It is an expression of a community's ideas, based on elements that require preservation, promotion, and transmission projects. In Niger, both tangible and intangible cultural heritage is little known to the general public. Issa Korombeyze, Alpha Chaibou, and Oumarou Karma, three warrior figures who marked the country's history at the end of the 19th century, are not known from a heritage perspective. Furthermore, the historical sites and/or places of memory attributed to them are little known or poorly understood. Promoting and raising awareness of these figures contributes to the reconstruction of a common identity and strengthens social ties. The aim of this study is to identify, locate, and adopt a heritage policy for the sites and places of memory dedicated to them. It also explores strategies for preserving and transmitting traditional values.

Texte intégral

pp. 40-59

Introduction

1Le patrimoine collectif du Niger est la mémoire tangible et intangible, le socle sur lequel se construit son identité et son avenir. Ainsi, la question de sa survivance ne doit pas se limiter pas seulement à une simple administration de biens culturels, elle est au cœur de la résilience identitaire et du développement durable du pays. Selon Pierre Nora (1984), le patrimoine collectif n’est pas seulement un héritage du passé, il est aussi une construction sociale, une manière pour les communautés de se reconnaître à travers des lieux, des rites, des objets ou des récits.

2Cette richesse extraordinaire demeure pourtant sous-estimée. Trop souvent délaissée, y compris par ses propres détenteurs, elle ne reçoit pas l’attention qu’elle mérite. Face aux trans formations sociales et aux aléas divers – catastrophes naturelles, conflits, etc. –, le risque est grand de voir ces témoignages de la mémoire collective s’effacer progressivement au profit de nouveaux modèles culturels, souvent importés, entraînant ainsi une banalisation du cadre de vie (Bakonirina Rakotomamonjy, 2023). Ainsi, la préservation de ce legs est la première étape importante. En effet, elle exige des politiques de conservation rigoureuses pour protéger des sites mémoriels. Néanmoins, cette seule conservation n'est pas suffisante. Pour que le patrimoine reste vivant et pertinent, il doit être valorisé. Cette valorisation, qui passe par la recherche scientifique, permet de transformer ce capital mémoriel en un véritable levier socio-économique. De même, la transmission apparaît comme la clé de voûte de cette survivance. Sans un transfert effectif des connaissances et des valeurs aux jeunes générations par l’éducation formelle et informelle, le patrimoine est condamné à l'oubli. C’est ainsi que certains historiens nigériens ont consacré les recherches pour la garantie de la survivance pérenne du patrimoine collectif nigérien. Parmi ces derniers nous pouvons citer Kimba Idrissa (1981), Mamoudou Djibo (2001, 2015), dont les œuvres portent sur quelques personnalités qui ont marqué l'histoire politique et sociale du Niger. Il s’agit en derechef d’Issa Korombeyzé, Alpha Chaibou et Oumarou Karma. De toutes ces études menées jusque-là, les enjeux et les stratégies pour une survivance pérenne ne sont pas envisagés. Alors, cette étude vient à point nommée en permettant, non seulement la mise en œuvre pour que ces figures emblématiques puissent continuer d’inspirer et de guider le Niger de demain., mais surtout de localiser les sites à leurs attribués. Par une application rigoureuse des canons méthodologiques propre à l’archéologie, la recherche s’est faite sur la base des prospections d’une part, et des sources orales, écrites d’autre part.

Cadre théorique et conceptuel

3Pour mieux appréhender cette recherche, la clarification de certains concepts s’avère importante afin de dissiper toute confusion. Mieux, la clarification des concepts est le premier niveau du raisonnement scientifique. Dans le cadre de cette recherche, la définition des termes patrimoine collectif, lieu de mémoire et sites mémoriels passerons au peigne fin.

patrimoine collectif

4Le patrimoine collectif désigne l’ensemble des biens, matériels ou immatériels, transmis de génération en génération, et qui fondent l’identité d’un groupe, d’une nation ou d’une communauté. Il s’agit d’un héritage partagé, reconnu comme porteur de mémoire et de valeurs communes. Pour Pierre Nora (1984), il se manifeste à travers les « lieux de mémoire », c’est-à-dire les repères (monuments, rites, traditions) où se cristallise et se reconnaît la mémoire collective. Le patrimoine collectif permet à une société de se reconnaître dans une histoire commune, de nourrir son sentiment d’appartenance, et de maintenir la continuité culturelle entre les générations. Selon le même auteur, le patrimoine collectif n’est pas seulement un héritage du passé, il est aussi une construction sociale, une manière pour les communautés de se reconnaître à travers des lieux, des rites, des objets ou des récits (Nora Pierre 1984).

5Au Niger, le patrimoine collectif constitue la mémoire vivante des sociétés, élément essentiel sur lequel se construit la cohésion sociale l'identité et le sentiment d'appartenance à une communauté. Il joue un rôle fondamental dans la cohésion nationale, par la reconnaissance de la diversité culturelle comme ressource patrimoniale. Il permet de préserver l’identité culturelle face à l’uniformisation mondiale. La transmission des valeurs sociales, comme le respect des anciens, l’hospitalité, ou la solidarité communautaire, portées par les récits oraux et les rituels. Il joue également un rôle dans la construction d'un sens collectif pour le passé commun, souvent négligé ou dissimulé lors de la colonisation. Il est essentiel que le patrimoine matériel et immatériel survive face aux effets conjugués de la globalisation, de l'urbanisation non maîtrisée, de la négligence institutionnelle et des mutations sociétales. Comme le souligne Jan Assmann (1992), le patrimoine est un vecteur de mémoire culturelle, qui dépasse l'individuel pour structurer les valeurs partagées et les symboles d'une communauté.

Définition du site mémoriel

6Le site mémoriel est un lieu lié à un événement, une période ou une personnalité du passé qui a une importance reconnue dans l’histoire. Il peut s’agir d’un champ de bataille, d’un ancien bâtiment, d’un quartier, etc. Le site mémoriel est généralement identifié pour sa valeur documentaire et éducative, servant à transmettre un savoir historique et identitaire. Le site tire ses origines du mot latin « situs » qui signifie situation. Ce mot peut se définir de plusieurs manières. Ainsi, on peut le considérer comme un paysage du point de vue de son originalité qu’offre un regard panoramique. Le site est aussi une configuration topographique d’un lieu où s’est installé un groupe humain, avec ses ressources matérielles et des possibilités d’extension (Larousse 2016). Il se caractérise en d’autres termes par un ensemble d’ouvrages produits par l’homme d’une part, et d’autre part les œuvres issues de l’action entre la nature et l’humain. Dans ce cadre, on note les sites archéologiques qui ont une valeur universelle exceptionnelle, les sites historiques ou les lieux de mémoires et les sites sanctuaires. Ainsi, il devient un bien pour les populations qui doivent le protéger et l’entretenir. Ceci nécessite une politique de gestion.

7Selon le dictionnaire le Robert (2008, p. 2378), en géographie, le site est la configuration propre du lieu occupé par un établissement humain et qui lui fournit des éléments locaux de vie matérielle et les possibilités d’extension (ravitaillement en eau, nature du sol, matériaux de construction). En réalité, la notion de site a été empruntée principalement aux géographes et aux géologues par les archéologues. Selon les géographes, un site est « un emplacement approprié, défini en fonction de son usage » et se définit aussi comme « l’assise d’un habitat ou d’une activité, vue dans ses caractéristiques physiques et son environnement immédiat » (Brunet et al. 1993, p.456). Il peut être aussi un lieu géographique qui se distingue par son importance dans l’histoire humaine.

8Il peut s’agir : d’un lieu où s’est déroulé un événement historique majeur, un espace marqué par la présence de personnages illustres, ou un endroit qui témoigne d’une époque, d’une civilisation ou d’une culture passée. Les sites mémoriels jouent un rôle fondamental à plusieurs niveaux :

  1. Mémoire collective : il est le témoin matériel du passé et permet de maintenir vivante la mémoire d’événements, de cultures ou de civilisations ;

  2. Identité culturelle : il contribue à façonner l’identité d’un peuple qui incarne les valeurs socioculturelles et les luttes ou les réussites d’une nation ou d’un groupe humain ;

  3. Éducation et transmission : il sert de support à l’enseignement de l’histoire et permet une approche concrète et visuelle du passé ;

  4. Tourisme et développement local : plusieurs sites attirent des visiteurs du monde entier et jouent un rôle économique important dans certaines régions.

9En tenant compte de ces définitions, le site mémoriel, est un espace reconnu pour sa valeur patrimoniale et son rôle de témoin matériel d’événements, de pratiques ou de structures sociales du passé. Il participe à la construction identitaire, à la transmission mémorielle et à la valorisation culturelle d’un groupe ou d’une nation. Plusieurs d’autres définitions de « site historique » ont été données et encadrées par plusieurs institutions internationales et auteurs spécialisés. Selon L’UNESCO (1972), le site historique est considéré comme toute œuvre de l’homme ou site naturel qui possède une valeur exceptionnelle, notamment du point de vue historique, ethnologique ou anthropologique. Il peut être aussi une « œuvre de l’homme ou œuvre conjuguée de l’homme et de la nature, ainsi que zones y compris les sites archéologiques qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue historique, esthétique, ethnologique ou anthropologique ». Quant à la Charte de Venise (1964), référence majeure en matière de conservation patrimoniale, elle définit un site historique comme tout espace urbain ou rural qui illustre un fait de civilisation ou un événement marquant de l’histoire humaine.

Lieux de mémoire

10Selon le Dictionnaire Larousse 2008, lieu de mémoire est un site (monument, musée, vestiges industriels, etc.), œuvre, objets aptes à symboliser l’appartenance d’une collectivité à son passé, son patrimoine. De cette définition, on peut retenir que le lieu de mémoire est perçu comme un vecteur d’identité, un symbole collectif du passé partagé. L’accent est mis sur l’aspect matériel et patrimonial, en lien avec l’histoire culturelle. Ainsi, elle réduit la complexité du concept en se concentrant sur la forme (le lieu) et moins sur la fonction dynamique de la mémoire. Mais, une approche plus théorique et critique a été proposée par l’historien Pierre Nora, qui définit un lieu de mémoire, est un « unité significative d’ordre matériel ou idéel dont la volonté des hommes ou le travail du temps a fait un élément symbolique d’une quelconque communauté » comme « toute entité significative, de nature matérielle ou immatérielle, qui, par la volonté des hommes ou l’effet du temps, est investie d’une fonction mémorielle » (Nora Pierre, 1984). Dans cette perspective, le lieu de mémoire ne naît pas d’un simple héritage, mais d’une volonté consciente de préserver un souvenir dans un contexte de rupture ou d’effacement de la mémoire vivante. Autrement dit, les lieux de mémoire apparaissent lorsque la mémoire vivante disparaît. Ils peuvent être matériels (monuments), symboliques (rites) ou fonctionnels (archives). Ils servent à cristalliser la mémoire collective dans un monde en changement, face à la perte de la mémoire spontanée (Nora P, 1992). C’est pourquoi il dit aussi qu’un « lieu de mémoire est toute entité significative, de nature matérielle ou immatérielle, qui, par la volonté des hommes ou l’effet du temps, est investie d’une fonction mémorielle ». Il nuance enfin que le lieu de mémoire ne désigne pas uniquement un lieu géographique, mais tout ce qui permet de commémorer, transmettre ou figer un souvenir collectif dans le temps.

11Il naît souvent dans des contextes de changement, de rupture historique ou de perte de repères identitaires, et peut être mobilisé dans la construction d’une identité nationale, culturelle ou communautaire. Ce sont des lieux importants qu'on peut choisir pour se souvenir des événements historiques, des figures ou de périodes significatives. Les sites couvrent un large éventail d'événements. Ces mémoires collectives donnent une vision complète de l'histoire et permettent de saisir les événements comme la résistance coloniale.

12Lieu de mémoire est un concept développé notamment par Pierre Nora en un espace, matériel ou immatériel, où la mémoire collective qui se cristallise. Il s’agit d’un site ou d’un objet chargé d’une valeur symbolique forte, qui dépasse la simple historicité. Les lieux de mémoire sont les supports par lesquels un groupe conserve, renouvelle ou reconstruit sa mémoire collective. Le lieu de mémoire est souvent un site historique, mais pas forcément. Il peut aussi être un symbole, un monument, une fête commémorative ou même un geste.

13Plusieurs autres définitions ont été données par des sociologues, philosophes et historiens. Ainsi, selon le sociologue Maurice Halbwachs précurseur du concept de mémoire collective, il admet que « La mémoire collective se localise dans des lieux, des cadres sociaux qui la rendent intelligible et partageable » (Halbwachs M, 1950). En réalité, cet auteur ne parle pas encore de « lieux de mémoire » au sens de Nora, mais il notifie l’idée que la mémoire est socialement construite et spatialisée. Ce sont les groupes sociaux qui donnent sens à un lieu, à travers leur mémoire.

14Quant au philosophe Paul Ricœur, il définit le lieu de mémoire dans son ouvrage intitulé La mémoire, l’histoire, l’oubli paru en 2000 comme « un dispositif de médiation entre la mémoire vécue et l’histoire objectivée ». Ce dernier met l’accent sur le fait que les lieux de mémoire ne sont pas neutres : ils sont « des espaces de tension entre le souvenir subjectif et le récit historique officie ». Ils posent la question de la sélection de ce qui est retenu et de ce qui est oublié.

15Aleida Assmann, historienne de la culture, stipule dans La mémoire culturelle, 2010, que « Les lieux de mémoire sont les interfaces entre la mémoire individuelle, la mémoire communicative et la mémoire culturelle ». Pour cette dernière, un lieu de mémoire est un point de croisement entre les niveaux de mémoire, de la mémoire vécue à la mémoire instituée (école, musée, cérémonie…). Elle met l’accent sur la transmission et la médiatisation de la mémoire.

16Jean-Pierre Rioux et Jean-François Sirinelli, historiens français, apportent leur pierre de l’édifice. Ils voient la définition du lieu de mémoire sous un autre angle. Selon eux, « Le lieu de mémoire est une construction sociale, résultat d’un acte volontaire de reconnaissance du passé par une collectivité ». Autrement dit, le lieu de mémoire n’est pas naturel, il est construit par une société qui choisit ce qu’elle veut commémorer. Il reflète les enjeux identitaires, idéologiques ou politiques du moment. Henry Rousso, historien de la mémoire contemporaine, définit le lieu de mémoire dans une vision conflictuelle. Il affirme que : « Les lieux de mémoire sont aussi des lieux de conflit de mémoire ». En effet, tous les lieux de mémoire ne font pas l’objet d’un consensus. Certains lieux sont marqués par des mémoires concurrentes, conflictuelles ou refoulées (Rousso H, 1987).

17Par ailleurs, au-delà de sa visibilité, le lieu de mémoire joue un rôle actif dans la transmission de la mémoire collective. Il sert de supports pédagogiques et symboliques dans la formation des citoyens : visites scolaires, cérémonies nationales, fêtes commémoratives y sont souvent organisées. Pour Maurice Halbwachs, la mémoire collective n’existe que dans et par le groupe social. Les lieux de mémoire renforcent cette dimension collective en devenant des espaces où s’exprime l’unité du groupe. Ils sont souvent associés à des rituels (comme la minute de silence ou les dépôts de gerbes) qui participent à la cohésion nationale ou communautaire. Par exemple, le site d’Issa Ko à Boumba rassemble la population autour d’un récit commun. Le lieu où se déroule la bataille incarne symboliquement les valeurs de la République. Ces lieux aident également à structurer le temps social en rappelant les dates-clés du passé et en marquant le calendrier collectif. Ainsi, ils assurent la continuité entre les générations, en transmettant des repères mémoriels dans une société en mutation. Puisque les lieux de mémoire ne sont jamais neutres, ils reflètent une vision particulière du passé. Ce processus peut conduire à l’oubli de certaines mémoires, notamment celles des groupes marginalisés, colonisés ou dominés. Paul Ricœur parle de la tension entre mémoire et histoire, et souligne que les lieux de mémoire sont aussi des espaces de pouvoir, où s’opère une sélection du souvenir. Ce que l’on choisit de commémorer dit autant sur le passé que sur les intérêts du présent.

18Dans notre zone d’étude, certaines figures de la résistance anticoloniale sont mises en avant, tandis que d'autres restent invisibilisées. De même, des mémoires douloureuses sont parfois refoulées ou minimisées, car elles dérangent le récit national dominant. Enfin, certains lieux de mémoire deviennent des lieux de conflit de mémoire, comme le montre l’historien Henry Rousso. C’est dans cette optique que nous observerons ci-dessous, les personnalités emblématiques telles qu'Issa Korombe, Oumarou Karma et Alfa Saibou Kopti Tanda, ainsi que d’autres figures qui ont marqué l’histoire du Niger.

Figures emblématiques du Niger : Alfa Saibou, Oumarou Karma et Issa Korombayzé

19Plusieurs mouvements de résistances sont engagés au Niger pendant la période précoloniale. Les guerriers Zarma tels qu’Issa Korombé, Boubacar Bougaram, Hamma Bougaram, Mayaki Seko, Sorkayé, Hama Fandou, etc. ont lutté contre les Peuls et les Touaregs (Gado, Boube, 1980). Toujours dans la même région, d’autres guerriers se sont armés contre le régime colonial. Des leaders politiques et religieux tels que Alfa Saïbou de Kopti Tanda (Dosso), Oumarou Kambaskonou de Karma (1898 et 1906) ont senti leur pouvoir politique menacé par l’intrusion des Français qui leur enlève toute souveraineté (Djibo Mamoudou, 2011, p.40). Dans le cadre de cette étude, Issa Korombe, Alfa Saïbou et Oumarou Karma sont concernés.

Issa Korombé

20Issa Korombé, appelé Wongougna Issa Korombéïize Modi ou Issa Koygolo est né à Koygolo, au cœur du Zarmatarey (Gado Boube, 1988, Tandina, Ousmane, 1984). Il est une figure emblématique de l'histoire du Niger, un guerrier Zarma du XIXe siècle qui est devenu un général respecté. Son portrait est celui d'un chef militaire audacieux et stratège, dont l'héritage est profondément ancré dans la mémoire collective nigérienne. Il s'est distingué par ses prouesses guerrières, évoluant d'un simple mercenaire à un véritable chef politique. Selon Boube Gado (1988), Issa korombé est l’homme d’une époque forte en sursauts et en soubresauts d’indépendance nationale contre l’hégémonie des peuls et des Toureg. Il est reconnu pour avoir mis fin aux invasions des Peuls dans la région en créant une véritable armée Zarma. Il a également mené des campagnes contre les Touaregs, affirmant son autorité grâce à sa valeur militaire. Les récits le décrivent comme un combattant téméraire, souvent comparé à un lion. Il était brave et généreux, mais aussi réputé pour sa dureté, voire sa cruauté dans le contexte des guerres de l'époque. Il a su fédérer et organiser des troupes plus nombreuses et plus efficaces que ses prédécesseurs, établissant un pouvoir étendu qui incluait non seulement la défense de la région mais aussi la consolidation de la paix.

21Du point de vue patrimonial, l'héritage d'Issa Korombé au Niger est multiple et perdure jusqu'à nos jours. Il est considéré comme un héros national pour sa résistance face aux incursions extérieures, notamment celles des Peuls. Son action a permis de défendre et de consolider le territoire Zarma.

22Selon les récits locaux, le site de Issa Ko à Boumba présente une histoire variée entre les Zarma et les Peuls de la région. Plusieurs témoignages sur le site de Boumba montrent que certains voient Issa Kormbe comme une source d'inspiration et une figure emblématique. Selon l'explication de Moumouni Garba à Boumba dit ceci « Il est également un référent identitaire que nous souhaitons qu’il soit inscrit dans la liste du patrimoine historique national ». Entretien le 06/12/2024

23La population souhaite d’envisager les possibilités de faire en sorte que le site du « baobab d’Issa » s’inscrire comme patrimoine historique local et national.
Par ailleurs, au niveau de l’éducation nationale, Issa Korombe est une figure centrale dans l'historiographie du Niger, particulièrement dans l'histoire des Zarma-Songhay. Son épopée est étudiée et transmise de génération en génération. Intrépide guerrier, la mémoire d’Issa Korombe est honorée à travers diverses infrastructures et institutions au Niger. Nous en voulons pour preuve :

  • Lycée Issa Korombe à Niamey : Un établissement scolaire important porte son nom, perpétuant ainsi son souvenir auprès des jeunes générations ;

  • Boulevard Issa Korombe à Niamey : Une artère majeure de la capitale nigérienne est nommée en son honneur ;

  • Des promotions d'élèves officiers des Forces Armées Nigériennes ont également été nommées "Promotion Issa Korombé".

Alfa Saïbou de Kobkitanda (Dosso)

24Alfa Saïbou est décrit comme un marabout (guide religieux musulman) qui était aveugle. Cette caractéristique renforce son image de figure spirituelle et de sagesse, conférant à sa résistance une dimension non seulement politique mais aussi religieuse (Alpha Gado B, 1993). Alfa Saïbou fut l'un des principaux leaders du soulèvement dans le Zarmatarey (région de Dosso) contre l'avancée coloniale française à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Il s'est opposé farouchement aux exigences des colonisateurs, notamment le désarmement de sa population. Mieux, il nourrissait des sentiments très hostiles envers les colonisateurs français. Cette dimension religieuse de son opposition fut un puissant levier de mobilisation. Ainsi, il a réussi à fédérer et à mobiliser des forces significatives, envoyant des émissaires pour rallier les "rebelles" et refuser de rendre les armes aux autorités coloniales. En décembre 1905, il commença à regrouper des forces pour s'opposer aux Français. Son engagement lui coûta la vie. Vaincu par les forces coloniales, Alfa Saibou fut exécuté par les Français en 1906 à Sokoto (aujourd'hui au Nigeria), aux côtés d'autres leaders de la résistance comme Oumarou, chef de canton de Karma (Alpha Gado B, 1993). Sa décapitation est parfois mentionnée, soulignant la brutalité de la répression coloniale.

25Du point de vue de l'héritage national Alfa Saïbou Alfa est une figure emblématique de la résistance armée et spirituelle des Nigériens face à la pénétration coloniale française. Sa détermination à défendre sa foi, ses terres et son peuple face à l'envahisseur en fait un héros national, un exemple de courage et de non-soumission. Sa lutte, bien que militairement vaincue, a laissé une empreinte durable. Elle a contribué à forger le récit de la nation nigérienne, où l'opposition aux agressions extérieures et la quête de souveraineté sont des thèmes centraux. Des figures comme lui sont des rappels des sacrifices consentis pour l'indépendance future. Les historiens nigériens, notamment Boubou Hama et André Salifou, ont mis en lumière l'ampleur des phénomènes de résistance à la conquête coloniale, et Alfa Saïbou y figure en bonne place.

26Son histoire est enseignée et perpétuée, notamment dans la région de Dosso et au-delà. L'aspect religieux de sa résistance souligne l'importance de l'Islam comme force de mobilisation et de résistance culturelle face à l'acculturation coloniale. Il incarne une forme de nationalisme avant l'heure, où la défense de l'identité religieuse et culturelle est indissociable de la défense du territoire.

27Bien que moins médiatisé que d'autres leaders politiques, son nom résonne encore dans les récits historiques et les discussions sur l'époque coloniale, en particulier dans la région de Dosso. Il est un rappel des sacrifices faits par les Nigériens pour leur liberté.

Oumarou Karma

28Chef du canton de Karma à la fin du XXe siècle, Oumarou Karma est une figure historique du Niger, connu pour son rôle dans la résistance anticoloniale au début du XXe siècle, particulièrement dans la région de Karma, près du fleuve Niger (Kimba I, 1981, Hamani Djibo, 2010). Rappelons que les chefs de canton ou les chefs guerriers wonkoye jouaient un rôle central dans l'organisation sociale et politique des populations avant et pendant la période coloniale. Oumarou Karma fut l'un des leaders qui s’opposèrent farouchement à l'établissement de l'administration coloniale française sur le territoire nigérien. Il fait partie des « guerriers Songhay soulevés » qui, selon certaines sources, menacèrent même l'existence des postes français établis sur les bords du fleuve Niger. Allié d'Alfa Saibou, sa collaboration au côté de ce dernier témoigne une tentative de fédérer les forces locales contre l'envahisseur (Hamani Djibo, 2010). De même, à l’instar de nombreux leaders résistants de l'époque, Oumarou Karma fut vaincu par la puissance militaire coloniale. Il fut exécuté par les Français en 1906 à Sokoto (actuel Nigeria), aux côtés d'Alfa Saïbou. Sa mort en fait un martyr de la lutte pour la liberté et la souveraineté. Aussi, selon des informations orales recueillies au cours d’un entretien de Jean Pierre Oliver de Sardan avec un informateur à Mehanna en 1980, Oumarou Karma fut vaincu par un chef Toureg (sourgu) Annawar. Analyse de l’entretien (Idé Hamani, juillet 2025).

29En ce qui concerne l'héritage d’Oumarou Karma, il est étroitement lié à celui de la résistance nigérienne face à la colonisation française. En effet, est un symbole fort de la détermination des populations nigériennes à s'opposer à la domination étrangère. Sa résistance, bien que tragiquement réprimée, témoigne de l'esprit de liberté et d'indépendance. Au même titre que d'autres résistants, Oumarou Karma est intégré dans le récit national nigérien. Sa mort aux côtés d'Alfa Saibou à Sokoto selon Mamoudou Djibo est un événement marquant qui rappelle les coûts humains de la colonisation et la brutalité de la répression des soulèvements. Il contribue à la mémoire collective des sacrifices faits pour l'autonomie du Niger (Mamoudou Djibo, 2015).

30En somme, Oumarou Karma, chef de canton de Karma, est une figure majeure de la résistance anticoloniale au Niger, dont le portrait est celui d'un leader local ayant lutté avec détermination contre les forces françaises, et dont l'héritage est ancré dans la mémoire des sacrifices pour la liberté de la nation nigérienne.

Enjeux liés à la patrimonialisation des sites historiques et les figures emblématiques ciblées

31La patrimonialisation des sites historiques et des figures emblématiques est un processus de reconnaissance, de mise en valeur et de transmission du passé dans le présent. Au Niger, cette patrimonialisation revêt une importance particulière dans un contexte de recherche d’ancrage identitaire, de développement local et de reconnaissance internationale. La patrimonialisation des sites et des personnages historiques permet de consolider la mémoire collective et de renforcer l’identité nationale dans un pays marqué par la diversité ethnique, linguistique et culturelle. La reconnaissance et la valorisation des sites et personnages historiques permettent de soutenir l’enseignement de l’histoire et de transmettre les valeurs culturelles aux jeunes générations. Les sites de mémoire peuvent devenir des lieux pédagogiques vivants, favorisant une meilleure compréhension du passé nigérien.

Enjeux identitaires et politiques

32Au-delà de leur dimension culturelle, ces sites mémoriaux jouent un rôle crucial dans la construction identitaire et dans la mémoire collective. Ils sont des espaces où se cristallisent des récits fondateurs, des résistances et des mémoires souvent marginalisées. Le choix de ce qui est patrimonialisé, qui est célébré, comment le récit est construit, soulève des enjeux politiques sensibles :

  • Tensions entre mémoire officielle (souvent centralisée) et mémoire locale ou communautaire ;

  • Instrumentalisation de certains héros ou lieux à des fins identitaires, régionalistes ;

  • Risques de conflits de légitimité dans la gestion des lieux sacrés ou des figures historiques partagées.

33C’est ainsi que Laurajane Smith (2006), affirme que le patrimoine est aussi une arène de négociation du pouvoir symbolique. De même, ces sites peuvent également faire l’objet d’une instrumentalisation politique ou religieuse, utilisés pour renforcer un pouvoir ou orienter la mémoire collective selon des intérêts spécifiques. Ainsi, les communautés locales s’engagent souvent dans des processus de réappropriation pour revendiquer leur histoire, leur culture et leur droit à la reconnaissance. Cela suppose une mobilisation des institutions culturelles, des ONG, des chercheurs, mais aussi des populations détentrices de la mémoire collective. Notre réflexion est basée sur des mécanismes pour que le peuple soit soudé : de fraternité, solidarité entre eux ; après tous ces troubles de l’insécurité au Niger. Ces dispositifs se sont l’unité nationale et l’identité de la nation. Les deux objectifs sont mis en fonctionnement ; pour la revalorisation du patrimoine culturel et la cohésion de la population dans un lieu du mémoire. Cette mobilisation renforce la fraternité et l’unité nationale du peuple nigérien. Le patrimoine identitaire est un moyen qui permette de se réunir pour construire une forte nation, à la base de nos principes : la culture et la tradition qui existaient très longtemps, mais étaient fragilisées pendant la colonisation. Le site de Boumba en est un exemple. Ce lieu est représenté par Baobab. D'après les informations orales rapportée par Hamadou Harouna, ce lieu a une connotation historique diversifiée entre les Zarma et les Peuls de la région. Les témoignages sur le site à Boumba montrent que certains voient Issa Korombe comme une source d'inspiration et une figure emblématique.

34Les zarma de la zone voient cet endroit comme un lieu de mémoire collective. D'après le chef de village de Boumba, cette recherche favorise l'appropriation par les populations de leur histoire et de leur identité culturelle, avant que certains ne disparaissent. Cependant, les Peuls de Boboye considèrent aussi l’importance qu’ils accordent sur le lieu historique comme un lieu de triomphe, qui fait partie de leur histoire contemporaine.

Site mémoriel Issa Ko, représenté par un baobab (ko-ɲa)

Image 100000000000030000000400048AC3F2B7871F3A.jpg

Issa ko est un lieu de commémoration symbolisé par un baobab (ko-ɲa),

(©Hama Saley, Boumba, le 06.12.2024)

Enjeux sociaux et économiques

35Sur le plan social, la patrimonialisation peut favoriser le dialogue et la cohésion sociale en offrant des espaces de partage et de découverte. Elle pose également la question de l'accessibilité du patrimoine à tous. Du point de vue politique et juridique, la préservation du patrimoine nécessite des compromis avec la propriété privée et des règles spécifiques. Il y a un débat constant sur la place des acteurs privés et publics dans la gestion du patrimoine.

36En ce qui concerne l'authenticité et de l'interprétation de la patrimonialisation des sites historiques, elles peuvent résider dans ses vestiges physiques (les arbres ou des lieux de mémoires) ou dans son histoire, ses traditions et les récits qui lui sont associés. Faut-il privilégier la conservation du matériel au risque de le voir disparaître, ou la reconstruction pour en restituer la grandeur passée ? L'interprétation d'un site historique consiste à donner du sens à ses vestiges pour le rendre accessible au public. Cependant, cette interprétation est rarement neutre et soulève d'importantes questions : l'interprétation d'un site est souvent le reflet du point de vue des acteurs qui la produisent (les historiens, les archéologues, les institutions nationales). Cela peut conduire à une "narration dominante" qui invisibilise d'autres récits, d'autres acteurs ou d'autres mémoires. Par exemple, la mise en valeur de la splendeur d'une civilisation peut occulter les aspects plus sombres de son histoire, tels que les résistances anticoloniales ou les conflits.

37Sur le plan économique, les sites patrimoniaux sont des moteurs de développement touristique et historique. Ce sont des lieux très importants pour se souvenir des événements historiques, de personnes ou de périodes significatives. Ces sites couvrent un large éventail d'événements. Ces mémoires collectives donnent une vision complète de l'histoire et permettent de saisir les événements de la résistance. Ainsi la patrimonialisation peut donc générer des revenus, créer des emplois et encourager la redynamisation des zones rurales ou désertifiées, à condition que les communautés locales soient pleinement associées à la gestion de ces ressources.

Conclusion

38En somme, la survivance du patrimoine collectif au Niger n'est pas une simple affaire de préservation de monuments et d'objets, mais un processus dynamique et multidimensionnel. Il s'agit d'un enjeu crucial qui va de la préservation minutieuse des vestiges du passé à la valorisation de ces trésors culturels pour les rendre accessibles et pertinents pour les générations actuelles, jusqu'à leur transmission vivante et durable aux générations futures.

39Ce parcours, de la sauvegarde à la transmission, est un équilibre délicat entre tradition et modernité. Il nécessite une collaboration étroite entre les institutions, les communautés locales, les chercheurs et la société civile pour s'assurer que ce patrimoine ne soit pas une relique du passé, mais une source d'identité, de fierté et de développement. Finalement, la véritable survivance du patrimoine nigérien réside dans sa capacité à être non seulement préservé et valorisé, mais aussi à être vécu, partagé et réinventé par chaque génération, assurant ainsi que l'héritage collectif continue de battre au cœur de la nation. Ce processus de patrimonialisation renvoie à l’idée d’avoir un lieu dépositaire de l’identité nationale et culturelle de la communauté. Participation positive des objets et des collections au développement culturel et scientifique. Créer un espace où l’on vient pour découvrir par curiosité et effectuer la recherche scientifique sur les objets patrimoniaux.

Bibliographie

ALPHA GADO B, 1993, Miroir du passé : grandes figures de l’histoire du Niger, Vol1, Nouvelle Imprimerie du Niger (NIN), Niamey.

ASSMANN Aleida, 2010, Espaces de la mémoire : forms et mutations de la mémoire Culturelle, Paris, Gallimard.

ASSMANN, Jan 2010, La mémoire culturelle : Écriture, souvenir et imaginaire politique dans les civilisations antiques, traduit de l'allemand par Diane Meur, Paris, Aubie.

BRUNET, Roger, FERRAS, Robert et THÉRY, Hervé (dir.) 1993, Les Mots de la géographie : Dictionnaire critique, Montpellier/Paris, GIP RECLUS.

DJIBO, Mamoudou. Les transformations politique à la veille de l’indépendance, P.40, édition l’harmattan

DJIBO, Mamoudou, 2015, Karma, du Siciya au canton (1640-1960), Cotonou, les éditions du Flamboyant

DJIBO, Mamoudou, 2001. Les transformations politiques au Niger : 1958-1960, Thèse de doctorat en Histoire, Université de Montréal, Montréal.

GADO Boube, Le Zarmatarey : contribution à l’histoire des populations d’entre Niger et Dallol Mawri, collection : Etudes nigériennes (n° 45), 1980

HALBWACHS, Maurice, 1950, La mémoire collective, Paris : Presses Universitaires de France (PUF),

HAMANI Djibo, 2010, Quatorze siècles d’histoire du Soudan central : Niger du VII au XXIème siècle, Niamey, Éditions Alpha.

Jean Pierre Oliver de Sardan, Fonds d’enquête ethnographique sur les conceptions des sociétés songhay-zarma, enregistrée au Niger à Mehanna en 1980, analysé par Idé Hamani juillet 2025

KIMBA, Idrissa, 1981 Guerres et sociétés : les populations du "Niger occidental" au XIXe siècle et leurs réactions face à la colonisation (1896-1906). Niamey, Institut de recherches en sciences humaines (IRSH).

LAURAJANE Smith 2006, Uses of heritage, Routledge.

NORA, Pierre (dir.) 1984, Les Lieux de mémoire, Paris, Gallimard, collection Tome 1 Bibliothèque des Histoires.

Ricoeur, Paul. La mémoire, l’histoire, l’oubli, édition, Paris : Seuil, 2000

RAKOTOMAMONJY, Bakonirina, 2023, Rapport patrimoine et conservation : école des filles de Montceau, DSA Terre, CRAterre

RIOUX Jean-Pierre et SIRINELLI Jean-François, 1987, Histoire Culturelle de la France, Paris, Seuil.

ROUSSO H, 1987, “Unjeu de l’oie de l’identité française Vingtième siècle” dans Lieux de mémoire, Revue d’Histoire, n°15, juillet-septembre, 1987, p.151-154.

TANDINA, Ousmane M,1984 Une épopée zarma: Wangougnan Issa Korombeïzé Modi ou Issa Koygolo mère de la science de la guerre, Thèse de 3ème cycle, Université Cheikh Anta Diop (UCAD)

Pour citer ce document

Hama SALEY MOUMOUNI, «La survivance du patrimoine collectif au Niger : de la préservation, valorisation à la transmission», Mu Kara Sani [En ligne], Dossier, N°42-Dec 2025, N°42-Spécial, mis � jour le : 19/02/2026, URL : https://www.mukarasani.com:443/mukarasani/index.php?id=994.

Quelques mots à propos de :  Hama SALEY MOUMOUNI

Doctorant

Département Histoire

L’Université Libre de Bruxelles au Centre d’Anthropologie Culturel (CAC) hamasaley@ymail.com