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N°42-Dec 2025

Assetou épouse BAMBA KONE Tintcho et Christelle PREGNON LHEY RAYMONDE

Impacts environnementaux et sanitaires du brûlage à ciel ouvert des déchets à Bouaké : analyse des pratiques des populations

Article

Résumé

La ville de Bouaké, confrontée à une urbanisation accélérée et à une gestion déficiente des déchets solides, voit se généraliser la pratique du brûlage à ciel ouvert, notamment dans les quartiers périphériques et les zones à faible couverture des services municipaux. Cette pratique, souvent perçue comme une solution immédiate au manque d’infrastructures de collecte, engendre une pollution atmosphérique significative et expose les populations riveraines à divers risques sanitaires. Cette méthode, largement répandue dans les quartiers tels que Ahougnassou, Belleville et Kennedy, est perçue par les habitants comme une solution immédiate au manque d’infrastructures de collecte. L’étude s’intéresse aux impacts environnementaux et sanitaires de cette pratique, en mettant l’accent sur les comportements des populations et leur niveau de sensibilisation. La démarche méthodologique adoptée est mixte, combinant observation directe, entretiens semi-directifs avec des acteurs institutionnels et communautaires, analyse documentaire, ainsi qu’une enquête quantitative menée auprès de 300 ménages répartis dans les quartiers de N’Gattakro, Air France, Dar-Es-Salam et Belleville. Le questionnaire explore les profils socio-économiques, les pratiques de gestion domestique des déchets, la perception des risques sanitaires et le niveau d’information sur les réglementations locales. Les résultats indiquent que 62,4 % des ménages brûlent régulièrement leurs déchets, 71,2 % déclarent ressentir des gênes respiratoires récurrentes, et seuls 18,5 % connaissent la législation encadrant la gestion des déchets. Ces données mettent en évidence une forte exposition aux polluants atmosphériques, une vulnérabilité sanitaire accrue et un déficit de sensibilisation environnementale. L’article propose ainsi une lecture croisée entre pratiques populaires, enjeux sanitaires et impératifs de durabilité urbaine.

Abstract

The city of Bouaké, facing rapid urbanization and inadequate solid waste management, is witnessing a widespread practice of open burning, particularly in outlying neighborhoods and areas with limited municipal service coverage. Often perceived as an immediate solution to the lack of collection infrastructure, this practice generates significant air pollution and exposes local residents to various health risks. This method, prevalent in neighborhoods such as Ahougnassou, Belleville, and Kennedy, is seen by residents as a convenient way to address the lack of waste collection infrastructure. This study examines the environmental and health impacts of this practice, focusing on community behavior and awareness. The methodology employed is mixed, combining direct observation, semi-structured interviews with institutional and community stakeholders, document analysis, and a quantitative survey of 300 households in the neighborhoods of N’Gattakro, Air France, Dar-Es-Salam, and Belleville. The questionnaire explores socioeconomic profiles, household waste management practices, perceptions of health risks, and the level of information on local regulations. The results indicate that 62.4% of households regularly burn their waste, 71.2% report experiencing recurring respiratory problems, and only 18.5% are aware of the legislation governing waste management. These data highlight significant exposure to air pollutants, increased health vulnerability, and a lack of environmental awareness. The article thus offers a comparative analysis of popular practices, health issues, and the imperatives of urban sustainability.

Texte intégral

pp.99-125

Introduction

1La gestion des déchets dans les villes africaines constitue un défi environnemental et sanitaire majeur, aggravé par une urbanisation rapide et une gouvernance locale souvent défaillante. F. BOUBA (2015, p.197) affirme que dans les villes africaines, la croissance rapide de la population et l’urbanisation non maîtrisée par les pouvoirs publics ont des conséquences sur la santé des populations à travers les mauvaises conditions d’évacuation des ordures ménagères, des eaux usées, les difficultés d’accès à l’eau potable. Cette situation provoque un nouveau défi de gestion de l’environnement urbain et des déchets ménagers en particulier (C. Q. K. Yao, 2010, p.5). Face à l’insalubrité grandissante, le secteur informel s’est approprié l’enlèvement des ordures sur le territoire communal de Bouaké (Diabagate et Konan, 2019, p. 128) pour lutter contre les mauvaises pratiques telles que le brûlage à ciel ouvert. Comme le soulignent Mebratu et Mbandi (2022, p. 25), « la combustion à ciel ouvert des déchets est une pratique répandue en Afrique, alimentée par des systèmes de gestion défaillants et une gouvernance environnementale fragmentée. À Bouaké, deuxième ville de Côte d’Ivoire, cette pratique est particulièrement courante dans les quartiers périphériques, en raison du déficit d’infrastructures de collecte et du faible niveau de sensibilisation environnementale des populations. La décharge d’Assoumanyaokro, principal site de dépôt de la ville, reçoit plus de 100 000 tonnes de déchets par an. Selon Diarrassouba et Koffi (2022, p. 3), « la décharge publique d’Assoumanyaokro a cumulé 1 144 836 tonnes de déchets en dix ans, avec des nuisances qui affectent les localités dans un rayon de plus de 3 km ». Les données des Centres de Santé Urbains de Broukro et d’Ahougnansou révèlent une prévalence élevée de maladies telles que le paludisme (25,54 %), la fièvre typhoïde (25,57 %) et les troubles respiratoires (25,54 %) chez les populations vivant à proximité (Diarrassouba et Koffi, 2022, pp. 5–6). À l’échelle continentale, le brûlage à ciel ouvert contribue à « 11 % des émissions mondiales de carbone noir et à 29 % des particules fines responsables de la pollution de l’air » (ICLEI Afrique, 2024, p. 3). Ces chiffres traduisent l’ampleur des impacts environnementaux de cette pratique, souvent ignorée par les politiques publiques locales. Une enquête exploratoire menée dans les quartiers de N’Gattakro, Air France et Belleville montre que plus de 60 % des ménages brûlent régulièrement leurs déchets, sans conscience des risques sanitaires associés.

2Au regard de ces constats, il devient essentiel d’interroger les pratiques locales de gestion des déchets et leur lien avec les vulnérabilités sanitaires des populations. Alors, comment les pratiques quotidiennes de gestion des déchets à Bouaké contribuent-elles à la dégradation de l’environnement urbain et à l’aggravation des risques sanitaires dans les quartiers de la ville ? L’objectif de cet article est d’analyser les impacts environnementaux et sanitaires du brûlage à ciel ouvert des déchets à Bouaké, en mettant en lumière les pratiques des populations et les facteurs socioculturels qui les sous-tendent.

3Pour atteindre cet objectif, nous commencerons par analyser les pratiques domestiques de gestion des déchets à Bouaké, en mettant particulièrement l’accent sur le recours au brûlage à ciel ouvert. Cette étape permettra de comprendre les logiques sociales, économiques et culturelles qui sous-tendent ces comportements. Nous procéderons ensuite à une évaluation des impacts environnementaux, ainsi que des conséquences sanitaires encourus par les populations exposées. Enfin, sur la base de ces constats, nous formulerons des recommandations pratiques et stratégiques visant à améliorer la gestion des déchets urbains et périurbains.

Zone d’étude

4La ville de Bouaké, située au centre de la Côte d’Ivoire, est le chef-lieu de la région du Gbêkê. Elle s’étend sur une superficie de plus de 29 250 hectares, ce qui en fait l’une des plus vastes agglomérations du pays. Sa position stratégique sur l’axe nord-sud en fait un carrefour économique et humain majeur, avec une urbanisation marquée par une forte croissance démographique. La population est passée de 535 000 habitants en 2014 (INS, 2014) à environ 832 371 habitants en 2021 (INS, 2021). Cette dynamique a favorisé une urbanisation souvent non planifiée, entraînant des déséquilibres dans l’accès aux services de base, notamment en matière de gestion des déchets. Sur la base des observations de terrain, trois quartiers ont été retenues en fonction du type d’habitat et de leurs profils contrastés en matière de gestion des déchets. Kennedy, quartier résidentiel bien structuré, bénéficie d’un système de collecte relativement structuré. Ahougnassou, à habitat de moyen standing, connaît une collecte irrégulière et des pratiques informelles de gestion des déchets. Belleville, zone d’habitat évolutif, souffre d’un accès limité aux services de gestion de déchets. Ce choix permet d’analyser les pratiques selon différents niveaux d’équipement urbain et de vulnérabilité environnementale. La figure 1 présente les zones d’étude.

5Figure 1 : La commune de Bouaké et les zones d’étude

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KONE-BAMBA Tintcho Assetou, 2025

MCLAU, 2017

Matériels et méthodes

Matériels

6L’étude s’appuie sur un ensemble de ressources documentaires, outils de collecte et instruments d’analyse permettant de croiser les données quantitatives et qualitatives. Les principales sources mobilisées incluent les données institutionnelles et techniques, notamment celles issues du Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH 2021), ainsi que des rapports municipaux relatifs à la gestion des déchets. Pour la collecte des informations, trois dispositifs ont été utilisés : un questionnaire administré auprès de 383 ménages répartis dans les quartiers de Kennedy (haut standing), Ahougnassou (moyen standing) et Belleville (évolutif), des guides d’entretien semi-directifs destinés aux responsables municipaux, agents de salubrité et leaders communautaires, et une grille d’observation directe permettant de repérer les zones de dépôts sauvages, les pratiques de brûlage et les conditions d’accessibilité aux services de collecte. Le traitement des données a reposé sur le logiciel IBM SPSS pour l’exploitation statistique des informations quantitatives, une analyse thématique pour les données qualitatives issues des entretiens, et un Système d’Information Géographique (SIG) pour la cartographie des zones critiques de brûlage et la visualisation des disparités socio-environnementales.

Méthodes

7La démarche méthodologique adoptée dans cette étude vise à analyser les disparités socio-spatiales et les impacts environnementaux et sanitaires liés au brûlage à ciel ouvert des déchets ménagers à Bouaké. Elle repose sur une approche mixte, combinant des outils quantitatifs et qualitatifs pour croiser les perceptions des habitants avec les réalités observées sur le terrain. La première phase a consisté en une analyse documentaire mobilisant des sources institutionnelles et techniques, ainsi que des données démographiques issues du Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH 2021). Cette revue a été complétée par une observation directe menée entre mai et août 2024, permettant de dresser un état des lieux des pratiques locales de gestion des déchets, d’identifier les zones de dépôts sauvages, de repérer les acteurs communautaires et municipaux impliqués, et de documenter les contextes dans lesquels le brûlage est pratiqué. Cette phase a également permis de caractériser les conditions d’accessibilité aux services de collecte, révélant des disparités marquées entre les quartiers bien desservis, ceux à collecte irrégulière, et les zones dépourvues d’infrastructures, où les pratiques informelles prédominent. La seconde phase s’est appuyée sur la conduite d’entretiens semi-directifs auprès de responsables municipaux, agents de salubrité et leaders communautaires, afin de recueillir des données qualitatives sur les pratiques locales, les perceptions des risques et les stratégies d’adaptation des populations. En complément, une enquête quantitative a été réalisée auprès de 383 ménages répartis dans les quartiers de Kennedy, Ahougnassou et Belleville, choisis selon leur typologie d’habitat (haut standing, moyen standing, évolutif). Le questionnaire administré portait sur les modes de gestion domestique des déchets, les pratiques de brûlage, les effets perçus sur la santé et l’environnement, ainsi que le niveau de connaissance des dispositifs municipaux. Le calcul de l’échantillon représentatif s’est appuyé sur les données du RGPH 2021, en utilisant la formule suivante du statisticien William G. Cochran :

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Ainsi nous considérons que :

n = taille de l’échantillon,

N = taille de la population mère.

Dans ce cas précis, il s'agit du nombre de ménage de la ville de Bouaké estimé à 79396 en 2021,

Z = niveau de confiance selon la loi normale centrée réduite 3,

e = marge d’erreur,

P = proportion estimée de population (ménage dans notre cas) supposée avoir les caractères recherchés. Cette proportion qui varie de 0,0 à 1 est une probabilité d’occurrence d’un événement.

Dans le cas où l’on ne dispose d’aucune valeur de la proportion, celle-ci est fixée à 50% (0,5), ce qui correspond au cas le plus défavorable c'est-à-dire la dispersion la plus grande,

Q = 1 – P,

8Si on présume que P = 0,50 donc Q = 0,50 ; à un niveau de confiance de 95%, Z = 1,96 et la marge d’erreur e = 0,05. Cette méthodologie permet une lecture croisée des pratiques populaires et des enjeux structurels, en vue de proposer des pistes d’intervention adaptées aux réalités locales. Avec un niveau de confiance de 95 %, la taille minimale de l’échantillon représentatif a été estimée à 383 ménages. Afin d’assurer une répartition équitable entre les quartiers sélectionnés, la règle de la proportionnalité a été appliquée, en tenant compte du poids démographique de chaque zone dans la population totale étudiée. Ainsi, le nombre total de ménage enquêtés par quartier (383) est présenté dans le tableau n°1.

Tableau n°1 : Effectif des ménages enquêtés par quartier de la ville de Bouaké

NOM DU QUARTIER

TYPES D’HABITAT

NOMBRE DE MÉNAGES

NOMBRE DE MÉNAGES ENQUÊTÉS

Kennedy

Haut standing

1202

23

Ahougnassou

Moyen standing

2951

56

Belleville

Evolutif

15881

304

Total

20034

383

INS, 2021 et nos enquêtes 2024

9Les données quantitatives recueillies ont été exploitées à l’aide du logiciel IBM SPSS, afin de générer des indicateurs comparatifs entre les quartiers étudiés, notamment en matière de fréquence de brûlage, d’exposition aux nuisances et de perception des risques sanitaires. Parallèlement, les données qualitatives issues des entretiens ont été soumises à une analyse thématique, permettant de dégager les représentations sociales, les logiques d’usage et les stratégies d’adaptation des ménages. Enfin, une analyse spatiale intégrée dans un système d’information géographique (SIG) a permis de localiser les sites de brûlage de déchets, de visualiser les disparités environnementales et d’établir des corrélations entre les dynamiques résidentielles, l’accessibilité aux services et les enjeux de santé.

Résultats

10Les résultats issus de cette recherche mettent en évidence les réalités locales de la gestion des déchets ménagers à Bouaké et permettent de comprendre les dynamiques socio-spatiales qui structurent les pratiques des populations. Ils révèlent, d’une part, les modes de gestion domestique et communautaire, ainsi que les disparités liées à l’accessibilité aux services de collecte selon les quartiers. D’autre part, ils mettent en lumière les impacts environnementaux et sanitaires du brûlage à ciel ouvert, en montrant comment cette pratique contribue à la pollution atmosphérique, à la dégradation du cadre de vie et à l’exposition des habitants à divers risques pour leur santé.

Pratiques locales de gestion des déchets et dynamiques socio-spatiales

Typologie des quartiers et accessibilité aux services de collecte

11L’analyse des pratiques locales de gestion des déchets à Bouaké met en évidence des disparités socio-spatiales qui influencent directement les comportements des populations face aux enjeux de salubrité urbaine. Ces disparités se traduisent, d’une part, par une typologie différenciée des quartiers et des niveaux contrastés d’accessibilité aux services municipaux de collecte, révélant des inégalités marquées entre zones bien desservies, quartiers à collecte irrégulière et espaces dépourvus d’infrastructures. D’autre part, elles se manifestent dans les comportements domestiques, où le recours au brûlage à ciel ouvert apparaît comme une pratique répandue, souvent perçue comme une solution immédiate face aux insuffisances du système formel de gestion des déchets. L’étude de ces dynamiques permet ainsi de comprendre comment les conditions matérielles et territoriales façonnent les usages quotidiens et contribuent à la persistance de pratiques informelles aux conséquences environnementales et sanitaires notables. La ville de Bouaké présente une mosaïque urbaine où coexistent des quartiers aux niveaux d’équipement contrastés, influençant directement les modes de gestion des déchets ménagers. Cette typologie spatiale, fondée sur les formes d’habitat et l’accessibilité aux services, permet de comprendre les logiques territoriales qui sous-tendent les pratiques de brûlage à ciel ouvert. Trois quartiers ont été retenus pour illustrer cette diversité : Kennedy, Ahougnassou et Belleville. Le quartier Kennedy, à habitat de haut standing, bénéficie d’un réseau de voirie structuré et d’un service de collecte relativement régulier. Les ménages y disposent de bacs de pré-collecte et les dépôts sauvages y sont rares. À l’opposé, Belleville, quartier d’habitat évolutif, souffre d’un déficit d’infrastructures notamment au niveau des voies secondaires qui sont fortement dégradées, les engins de collecte y circulent difficilement, les bacs à ordures le plus souvent éloignés des habitations et le brûlage devient une pratique quasi systématique. Ahougnassou, à habitat de moyen standing, se situe dans une position intermédiaire : la collecte y est irrégulière, les équipements sont partiels, et les dépôts sauvages coexistent avec des tentatives de gestion domestique. Ces contrastes sont également visibles dans les données démographiques et les dynamiques résidentielles. La population de Kennedy est relativement stable, avec une densité modérée et une organisation spatiale favorable à l’intervention municipale. Belleville, en revanche, connaît une forte pression démographique et une urbanisation spontanée, accentuant les difficultés d’accès aux services. Ahougnassou présente une configuration mixte, avec des zones viabilisées et d’autres en marge des circuits de collecte. Le tableau 2 présente la typologie des quartiers et l’accès aux services de collecte à Bouaké selon les ménages enquêtés.

Tableau n°2 : typologie des quartiers et l’accès aux services de collecte

Quartier

Nombre de ménages

Type D’habitat

Fréquence de Collecte

Présence de dépôts sauvages

Kennedy

1202

Haut standing

Régulière

Faible

Ahougnassou

2951

Moyen standing

Irrégulière

Modérée

Belleville

15881

Evolutif

Moins fréquent

Très forte

INS, 2021 et nos enquêtes 2024

12Cette typologie révèle une corrélation directe entre le type d’habitat, la fréquence de collecte et la présence de dépôts sauvages, soulignant les inégalités socio-spatiales dans l’accès aux services de salubrité. Elle permet également d’identifier les zones les plus vulnérables aux impacts environnementaux et sanitaires du brûlage, en vue d’orienter les actions prioritaires de gestion urbaine. L’analyse des données issues de l’enquête ménage confirme ces disparités. Les habitants de Kennedy (87%) déclarent majoritairement utiliser les dispositifs de collecte municipaux, tandis que ceux de Belleville recourent massivement au brûlage à ciel ouvert (72%). À Ahougnassou, les pratiques sont plus hétérogènes, oscillant entre dépôt informel, brûlage et collecte irrégulière. La figure 3 synthétise les proportions de ménages ayant recours à chaque mode de gestion des déchets dans les trois quartiers étudiés.

13Figure 3 : Répartition des pratiques de gestion des déchets par quartier

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Nos enquêtes de terrain, mai 2025

14Le graphique met en évidence des disparités marquées dans les pratiques de gestion des déchets à Bouaké. Kennedy, quartier de haut standing, affiche une forte adhésion à la collecte municipale (87 %), avec des pratiques informelles marginales (dépôt sauvage 9 %, brûlage 4 %). Ahougnassou, à habitat moyen, présente une situation intermédiaire : 52 % des ménages bénéficient de la collecte, mais une part significative recourt au dépôt sauvage (31 %) et au brûlage (17 %). Belleville, quartier d’habitat évolutif, illustre les limites du système formel : seules 35 % de la population utilisent la collecte municipale, tandis que le dépôt sauvage (31 %) et le brûlage (34 %) sont largement répandus. Ces résultats traduisent une fragmentation urbaine où les quartiers les moins équipés développent des pratiques à risque, révélant des vulnérabilités environnementales et sanitaires à cibler en priorité.

Comportements domestiques et recours au brûlage à ciel ouvert

15Le brûlage à ciel ouvert constitue l’une des principales pratiques de gestion des déchets dans plusieurs quartiers de Bouaké, en particulier dans les zones à faible niveau d’équipement. Loin d’être un simple geste individuel, ce comportement s’inscrit dans un ensemble de logiques domestiques, sociales et territoriales, révélatrices des inégalités d’accès aux services de gestions des déchets et des stratégies d’adaptation des ménages. Dans les quartiers où la collecte municipale est absente ou irrégulière, les ménages se retrouvent confrontés à une accumulation rapide des déchets. Le brûlage devient alors une solution perçue comme immédiate, peu coûteuse et « hygiénique », bien qu’elle soit dangereuse et comporte des risques sanitaires et environnementaux. Les photos ci-dessous illustrent les pratiques de brûlage des déchets des populations.

16Planche photographique 1: Pratiques de brûlage des déchets des populations à Bouaké

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17Cette planche présente des déchets incinérés ou en cous d’incinération. Nous pouvons constater que les déchets brulés sont de plusieurs types, notamment plastiques. Ce phénomène se déroule sur plusieurs sites dans les zones d’étude. La figure 2 illustre la localisation des sites de brûlage de déchets.

18Figure 2 : Localisation des sites du brûlage à ciel ouvert

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19Les entretiens réalisés auprès des ménages révèlent que le recours au brûlage à ciel ouvert est souvent motivé par l’absence de bacs ou de points de collecte à proximité, la peur des nuisances (odeurs, insectes, rongeurs), et le souci de maintenir un cadre de vie propre. Toutefois, la perception des risques associés à cette pratique varie selon les quartiers : à Kennedy, elle est jugée archaïque et marginale, tandis qu’à Belleville, elle est largement banalisée et intégrée aux routines domestiques, traduisant une normalisation de comportements informels dans les zones les moins équipées. Pour mieux comprendre les logiques qui sous-tendent les choix des ménages en matière de gestion des déchets, il est utile de synthétiser les motivations déclarées pour chaque pratique observée. Le tableau N°3 met en évidence les raisons invoquées par les habitants de Bouaké lorsqu’ils recourent à la collecte municipale, au dépôt sauvage ou au brûlage à ciel ouvert.

Tableau n°3 : Motivations des ménages selon les pratiques de gestion des déchets

Pratique

Motivations principales déclarées

Collecte municipale

  • Présence de bacs ou de points de collecte

  • Régularité du service de ramassage des ordures

Dépôt sauvage

  • Absence ou éloignement des bacs

  • Pratique perçue comme rapide et accessible

Brûlage à ciel ouvert

  • Accumulation des déchets

  • Volonté de maintenir la propreté immédiate

  • Peur des nuisances (odeurs, insectes)

  • Absence de solutions alternatives

Nos enquêtes de terrain, mai 2025

20Le tableau n°3 met en évidence les logiques différenciées qui motivent les pratiques de gestion des déchets à Bouaké. La collecte municipale est choisie lorsque les infrastructures sont disponibles et le service perçu comme fiable. Le dépôt sauvage résulte d’un manque d’équipements ou d’une collecte irrégulière, tandis que le brûlage à ciel ouvert est souvent une réponse à l’urgence domestique, motivée par la volonté de maintenir la propreté et d’éviter les nuisances. Ces motivations traduisent une adaptation aux contraintes locales et révèlent les inégalités d’accès aux services de salubrité.

21Aussi, l’analyse des données d’enquête montre une corrélation entre le niveau de revenu, le niveau d’instruction et le recours au brûlage. Le tableau n°4 montre que les ménages à faibles revenus, souvent situés dans des quartiers à habitat évolutif, sont les plus exposés à cette pratique.

22Tableau n°4 : corrélation entre précarité socio-économique et recours au brûlage

Quartier

Catégories socio-économiques

Type D’habitat

Fréquence du brûlage

Kennedy

Ménages à revenu élevé

Haut standing

Moins fréquente

Ahougnassou

Ménages à revenu moyen

Moyen standing

Irrégulière

Belleville

Ménages à revenu faible à moyen

Evolutif

Régulière

Nos enquêtes de terrain, mai 2025

23Le tableau n°4 montre que le recours au brûlage à ciel ouvert est fortement lié au niveau de revenu et au type d’habitat. Dans les quartiers comme Kennedy, où résident majoritairement des ménages à revenu élevé et à habitat de haut standing, cette pratique est marginale. À Ahougnassou, avec un habitat moyen et des revenus intermédiaires, le brûlage est irrégulier. En revanche, à Belleville, quartier à habitat évolutif et à revenu faible à moyen, le brûlage est régulier et largement répandu. Cette tendance souligne une double vulnérabilité sociale et territoriale, qui favorise la normalisation de pratiques informelles dans les zones les moins équipées.

Impacts environnementaux et sanitaires du brûlage à ciel ouvert

24L’examen des pratiques de brûlage à ciel ouvert des déchets ménagers à Bouaké met en évidence des conséquences multiples qui affectent à la fois la qualité de l’environnement urbain et la santé des populations. Sur le plan écologique, cette pratique contribue à la pollution atmosphérique, à la dégradation du cadre de vie et à l’altération des équilibres environnementaux locaux. Sur le plan sanitaire, elle expose directement les habitants à divers risques, tout en influençant leurs perceptions et représentations sociales des nuisances liées aux déchets. L’analyse croisée des données quantitatives, qualitatives et spatiales permet ainsi de mettre en lumière les effets concrets du brûlage sur l’environnement urbain (1.2.1) et les risques sanitaires associés, tels qu’ils sont vécus et interprétés par les populations (1.2.2).

Effets sur la qualité de l’environnement urbain

25Le brûlage à ciel ouvert, bien qu’ancré dans les pratiques domestiques de certains quartiers de Bouaké, génère des impacts multiples sur la qualité de l’environnement urbain. Ces effets se manifestent à la fois sur le plan atmosphérique, spatial et écologique, aggravant les vulnérabilités déjà présentes dans les zones à faible niveau d’équipement. Le brûlage de déchets domestiques libère des particules fines (PM2.5, PM10), du monoxyde de carbone, des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et des dioxines. Ces polluants altèrent la qualité de l’air ambiant, surtout dans les quartiers densément peuplés où la ventilation naturelle est limitée. Les nuisances liées au brûlage (fumées, odeurs, dépôts de suie) ne sont pas réparties de manière homogène dans la ville. Elles se concentrent dans les quartiers à habitat évolutif, où les pratiques informelles sont les plus fréquentes. Cette concentration crée des zones de pression environnementale, souvent ignorées par les politiques publiques. Le brûlage répété sur les mêmes espaces (cours, terrains vagues, abords de concessions) peut contribuer à une altération des sols, notamment par une réduction de la biodiversité microbienne et un affaiblissement des capacités de régénération végétale.

26Ces effets sont particulièrement visibles dans les quartiers périphériques où les espaces verts sont rares. Au-delà des nuisances ponctuelles, le brûlage contribue à une détérioration progressive du cadre de vie : baisse de la qualité paysagère, perception d’insalubrité, repli des activités sociales extérieures. Ces effets renforcent le sentiment d’abandon dans les quartiers précaires et alimentent une spirale de marginalisation environnementale. Pour mieux cerner les répercussions du brûlage à ciel ouvert sur la qualité de l’environnement urbain, il est pertinent d’examiner ses effets cumulés sur les principales dimensions du cadre de vie. Le tableau ci-dessous synthétise ces impacts en croisant les observations issues du terrain avec les données environnementales disponibles.

27Tableau n°4 : Effets du brûlage à ciel ouvert sur la qualité du cadre de vie

Dimension du cadre de vie

Effets observés et déclarés

Qualité de l’air

- Augmentation des particules fines dans l’air
- Odeurs persistantes de fumée
- Risques respiratoires accrus

Sol et environnement immédiat

- Dégradation de la fertilité des sols
- Dépôts de cendres et suies
- Réduction de la biodiversité microbienne

Paysage urbain

Accumulation de traces de brûlage
- Perception d’insalubrité
- Altération de l’esthétique des espaces publics

Sociabilité et usages sociaux

- Réduction des activités extérieures
- Repli domestique
- Sentiment d’abandon ou de marginalisation

Nos enquêtes de terrain, mai 2025

28Ce tableau met en évidence la multidimensionnalité des impacts du brûlage à ciel ouvert. Sur le plan atmosphérique, la dégradation de la qualité de l’air expose les populations à des risques sanitaires chroniques, notamment dans les quartiers densément peuplés. Au niveau du sol, les dépôts de suie et les résidus de combustion appauvrissent les micro-écosystèmes et compromettent la régénération végétale. Le paysage urbain, marqué par des traces visibles de brûlage, renforce la perception d’insalubrité et dévalorise les espaces publics. Enfin, la sociabilité est affectée : les nuisances dissuadent les interactions extérieures, alimentant un sentiment de repli et de marginalisation dans les zones les plus exposées. Ces effets cumulés traduisent une fragmentation écologique et sociale du tissu urbain, appelant des réponses ciblées et territorialisées. La détérioration progressive de la qualité de l’environnement urbain, induite par le brûlage à ciel ouvert, ne se limite pas à des nuisances physiques ou paysagères : elle affecte directement la santé des populations exposées. Pour mieux comprendre l’ampleur de ces impacts, il est essentiel d’examiner les risques sanitaires associés à cette pratique, ainsi que les perceptions qu’en ont les habitants dans leur quotidien.

Risques sanitaires et perceptions des habitants

29Le brûlage à ciel ouvert, bien que souvent perçu comme une solution domestique pratique, engendre des risques sanitaires significatifs. Ces risques sont inégalement répartis dans l’espace urbain et diversement perçus par les habitants, selon leur niveau d’information, leur exposition quotidienne et leur environnement socio-territorial. Le carbone, les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et les dioxines sont des substances souvent associées dans la littérature scientifique à des affections respiratoires, notamment l’asthme, les bronchites chroniques et certaines infections ORL.

30Ces risques sanitaires touchent particulièrement les enfants, les personnes âgées et les habitants des quartiers à habitat évolutif, où la pratique est régulière et les conditions de ventilation limitées. Pourtant, ces effets restent souvent sous-estimés, faute de suivi médical et de sensibilisation ciblée. Les quartiers à habitat évolutif, comme Belleville, présentent une fréquence élevée de brûlage, exposant leurs habitants à des nuisances quotidiennes. À l’inverse, les quartiers de haut standing comme Kennedy bénéficient d’une moindre exposition. Cette disparité territoriale reflète une inégalité environnementale structurelle. Les enquêtes de terrain révèlent une diversité de perceptions. Dans les quartiers précaires, le brûlage est souvent perçu comme une pratique « nécessaire » ou « inoffensive », tandis que dans les zones mieux équipées, il est considéré comme nuisible et archaïque. Le niveau d’instruction, l’accès à l’information et l’expérience directe des nuisances influencent fortement ces représentations. Afin de mieux comprendre comment les habitants perçoivent les risques sanitaires liés au brûlage à ciel ouvert, il est utile d’examiner les écarts de perception selon les quartiers. Le tableau N°5 présente la répartition des niveaux de perception (faible, moyen, élevé) en fonction du contexte socio-territorial, révélant des contrastes significatifs entre zones équipées et quartiers précaires.

31Tableau n°5 : niveaux de perception du risque sanitaire lié au brûlage selon les quartiers

Quartiers

Perception du risque sanitaire lié au brûlage à ciel ouvert

Faible

Moyen

Elevé

Belleville

65%

25%

10%

Ahougnassou

35%

40%

25%

Kennedy

20%

30%

50%

Nos enquêtes de terrain, mai 2025

32Ce tableau montre une gradation claire des perceptions : dans les quartiers à haut standing comme Kennedy, la moitié des habitants déclarent percevoir un risque élevé, traduisant une conscience accrue des nuisances vécues au quotidien. À l’inverse, à Belleville, où le brûlage est fréquent, la majorité des ménages perçoivent un risque faible.

33Malgré les risques, certains habitants développent des stratégies d’adaptation : éloignement temporaire lors du brûlage, brûlage nocturne de déchets, recours à des masques artisanaux, ou limitation des activités extérieures. Par ailleurs, des discours de banalisation persistent, justifiant le brûlage par l’absence d’alternatives ou la tradition locale. Les risques sanitaires liés au brûlage à ciel ouvert sont bien réels, mais leur reconnaissance varie fortement selon les contextes sociaux et territoriaux. Cette divergence entre exposition objective et perception subjective complique la mise en œuvre de politiques de sensibilisation. Une approche intégrée, combinant données environnementales, enquêtes de terrain et cartographie participative, est essentielle pour construire des réponses adaptées aux réalités locales.

Discussion

34Le brûlage à ciel ouvert des déchets constitue une pratique courante dans de nombreuses régions en développement, notamment à Bouaké en Côte d'Ivoire. Cette méthode, souvent privilégiée pour sa simplicité et son coût, présente pourtant des risques considérables pour l’environnement et la santé humaine. Selon Dupont et al. (2018, p. 45), "le brûlage à ciel ouvert libère une multitude de substances toxiques, notamment des dioxines et des particules fines, qui impactent autant la qualité de l’air que la santé des populations". Les pratiques de gestion des déchets à Bouaké révèlent une dépendance accrue au brûlage comme méthode de traitement. D’après Kouadio (2019, p. 78), "la majorité des ménages brûlent leurs déchets ménagers en raison de l’absence des infrastructures appropriées et de la faible sensibilisation aux risques environnementaux". Ces pratiques sont souvent motivées par un manque de services de collecte efficaces, ce qui pousse les populations à adopter des solutions improvisées mais nuisibles. Les impacts environnementaux du brûlage à ciel ouvert sont multiples. La pollution de l’air est la plus visible, avec la libération de particules fines et de gaz toxiques. Selon l’étude de Toure (2020, p. 102), "le brûlage des déchets contribue à la dégradation de la qualité de l’air local, favorisant l’émergence de smog et de pluies acides". De plus, la combustion de certains matériaux, comme le plastique, libère des composés organiques volatils (COV) responsables de la pollution de l’eau et du sol (Nguyen et al., 2017, p. 213). Les conséquences pour la santé humaine sont alarmantes. L’exposition prolongée à la fumée de combustion favorise le développement de maladies respiratoires, notamment l’asthme et la bronchite chronique. Selon Bassolé et Kone (2021, p. 56), "les populations exposées au brûlage à ciel ouvert présentent un taux accru de maladies pulmonaires, dont la gravité est souvent sous-estimée". Par ailleurs, les enfants et les personnes âgées sont particulièrement vulnérables aux effets toxiques de ces fumées. L’analyse des pratiques souligne la nécessité d’interventions éducatives et de la mise en place d’infrastructures de gestion des déchets. Comme le souligne Diop (2019, p. 89), "il est crucial d’adopter des stratégies intégrées pour réduire la dépendance au brûlage, notamment par la sensibilisation des communautés et la promotion du tri à la source".

35En somme, le brûlage à ciel ouvert des déchets à Bouaké constitue une pratique risquée, tant pour l’environnement que pour la santé publique. La sensibilisation et le développement d’infrastructures écologiques et sanitaires doivent être prioritaires pour limiter ces impacts.

Conclusion

36L’analyse des pratiques de brûlage à ciel ouvert à Bouaké révèle une problématique environnementale et sanitaire profondément ancrée dans les dynamiques territoriales et sociales de la ville. Les effets sur la qualité de l’air, la dégradation des sols, la détérioration du paysage urbain et les atteintes à la santé respiratoire sont particulièrement marqués dans les quartiers à habitat évolutif, où les services de gestion des déchets sont insuffisants et les alternatives quasi inexistantes. Cette situation met en lumière une double vulnérabilité : d’une part, les populations exposées cumulent précarité économique, faible niveau d’instruction et forte exposition aux nuisances ; d’autre part, leurs perceptions du risque restent souvent minimisées ou banalisées, ce qui freine l’adoption de comportements préventifs. Face à cette fragmentation écologique et sociale, une réponse territorialisée s’impose. Elle doit articuler sensibilisation communautaire, renforcement des infrastructures de collecte, et valorisation des déchets par des pratiques alternatives. L’enjeu est de transformer une pratique informelle et nocive en opportunité de transition écologique inclusive, en tenant compte des réalités locales et des représentations sociales. Ce travail d’analyse constitue ainsi une base pour orienter les politiques publiques vers une gestion durable et équitable des déchets urbains à Bouaké.

Bibliographie

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YAO Kouassi Quonan Christian, 2010, A la recherche d’une synergie pour la gestion des déchets ménagers en Côte d’Ivoire : Cas du District d’Abidjan, Thèse de doctorat en Géographie, Université de Maine, France, 305 p.

Pour citer ce document

Assetou épouse BAMBA KONE Tintcho et Christelle PREGNON LHEY RAYMONDE, «Impacts environnementaux et sanitaires du brûlage à ciel ouvert des déchets à Bouaké : analyse des pratiques des populations», Mu Kara Sani [En ligne], Dossier, N°42-Dec 2025, mis � jour le : 19/01/2026, URL : https://mukarasani.com:443/mukarasani/index.php?id=838.

Quelques mots à propos de :  Assetou épouse BAMBA KONE Tintcho

Enseignant-chercheur

Université Alassane OUATTARA-Bouaké (Côte d’Ivoire),

ka_tintcho@yahoo.fr

Quelques mots à propos de :  Christelle PREGNON LHEY RAYMONDE

Enseignant-chercheur

Université Alassane OUATTARA-Bouaké (Côte d’Ivoire),

lheyramonde@yahoo.fr